
Suite à de nombreuses recherches et expériences, le laboratoire de microscopie électronique et des sciences des matériaux de l'université d'Oran a conçu un nouveau processus pour l'extraction du silicium. Ce matériau fortement prisé sur les marchés internationaux est «une composante essentielle dans l'élaboration des panneaux photovoltaïques», a affirmé le directeur de ce laboratoire, Saâd Hamzaoui, lors de sa présentation de ce projet jeudi à Alger.Nawal Boukir - Alger (Le Soir) - Concrètement, «il s'agit d'un nouveau mécanisme d'extraction du silicium des gisements de sable et de diatomée», a développé l'interlocuteur lors de cette rencontre organisée par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique sous la thématique «valorisation des projets issus de la recherche scientifique». Née d'un partenariat scientifique algéro-japonais dans le cadre du projet «SSB Sahara Solar Breeder», cette innovation est non seulement plus rentable mais également plus soucieuse de la nature car exploitant toutes les matières extraites de ce processus dans les industries solaire et électronique, entre autres. Deux secteurs clés de la croissance aujourd'hui. Outre le silicium pour l'industrie énergétique, le chercheur a évoqué l'obtention de trois autres grands produits à savoir : la silice amorphe d'origine minérale et biologique ultra pure produisant des déchets utilisés dans l'industrie du verre et celle de l'agroalimentaire ; le gel de silice rentrant dans l'industrie du cosmétique et le carbure de silice également appelé diamant noir qui est manifestement plus cher que le diamant classique et utilisé dans la bijouterie. Pour ce qui est de la diatomée, source de tous ces matériaux, S. Hamzaoui a soutenu que «d'énormes gisements se trouvent tout le long du littoral ouest du pays où la quantité de diatomée contenue dans les roches est évaluée à 6 millions de tonnes, soit une quantité pouvant couvrir une production photovoltaïque d'une centaine de gigawatts».Toutefois, le silicium n'est actuellement produit qu'à l'échelle de laboratoire par l'équipe chercheure du professeur. Celui-ci a précisé qu'il faudrait «6 ans de travail et d'importants moyens financiers pour évoluer vers une production à échelle industrielle de cet élément qui domine l'industrie photovoltaïque et les cellules solaires fabriquées à hauteur de 90%». Puisque, ajoute-t-il, «notre production est estimée aujourd'hui à quelques grammes seulement. Or, il faudrait fournir des tonnes de silicium afin de développer une industrie photovoltaïque intégralement algérienne».Si le secrétaire général du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a estimé que «cette innovation survient à un moment opportun car le gouvernement œuvre à installer une transition énergétique dans le cadre du Programme national des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, classé priorité nationale», il n'en demeure pas moins que cette innovation du laboratoire de l'université d'Oran n'a toujours pas bénéficié d'un soutien financier de la part des pouvoirs publics qui n'ont que «salué» cette initiative innovatrice.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N B
Source : www.lesoirdalgerie.com