
Avec une carrière qui va des « Vacances de monsieur Hulot » en 1953, aux « Herbes folles » en 2009 et « The Ghost Writer » en 2010, Sylvette Baudrot, célèbre scripte, compte parmi les plus chevronnées dans le cinéma français. Scripte depuis 1949, Sylvette Baudrot a un parcours cinématographique des plus riches. Ses documents de travail retracent près de 60 ans d'une carrière internationale. Avec une centaine de longs métrages et quelques courts métrages, sans compter plusieurs projets inaboutis, la scripte a travaillé avec les plus grands cinéastes, acteurs et techniciens. Sa filmographie est dominée à la fois par la diversité des projets pour le cinéma notamment français et américain, la télévision ou la publicité. Cet itinéraire exceptionnel témoigne aussi de son amour du métier qu'elle enseigne toujours. Toujours très active entre 2 tournages, elle contribue à la formation de scriptes. Elle est d'abord conférencière et responsable de cours pour l'Insas à Bruxelles. Elle rejoint la Femis où elle est toujours intervenante et forme encore les scriptes de demain. Elle participe régulièrement à plusieurs manifestations. En presque 60 ans de carrière, elle a transmis son savoir et enseigne ses méthodes de travail à de nombreux stagiaires devenus scriptes. Aujourd'hui, elle est aussi l'auteur d'un ouvrage de référence sur le métier « La script-girl ». Invitée au Festival d'Oran du film arabe pour donner une conférence sur le métier de scripte, elle confie que c'est pour la première fois, depuis 64 ans de carrière, qu'elle assiste à un festival de cinéma, alors que ses 'uvres ont été primées un peu partout dans le monde (Cannes entre autres). Elle a choisi l'Algérie pour se livrer. Un pays qu'elle adopte et adore. Entrevue palpitante.Comment définiriez-vous le métier de scripte '
Un métier passionnant. Le scripte fait partie de l'équipe de tournage. C'est un métier d'observation minutieuse et d'organisation détaillée : le scripte assure la continuité des scènes et de leur conformité au scénario, elle note tous les détails du tournage. Il doit assurer un parfait raccord entre les plans, les scènes et les séquences. Il travaille aux côtés du réalisateur, avec une pensée constante du montage. Vers la fin de la préproduction, son travail est d'établir des rapports basés sur la lecture du scénario, du synopsis et la collecte de toutes les informations rassemblées pendant cette phase préparatoire. Il doit fournir des informations sur la durée prévisible du film, le découpage de chaque scène : sa place dans l'histoire, l'heure de la journée (dans le scénario), etc. Ces rapports seront utilisés par les différents départements afin de déterminer l'ordre des prises le plus avantageux et assurer que chaque département est synchronisé au niveau de la progression interne du film.
Autrement dit, le scripte est le bras droit du réalisateur '
Le scripte est considéré comme le bras droit du réalisateur et du directeur de la photographie, il est le garant de la cohérence des raccords de plans tant pour les décors que pour les costumes et le maquillage (la prise de photos instantanées lui apporte une aide précieuse) ainsi que la coiffure, les accessoires, la lumière et surtout les regards entre les personnages. Il peut aussi apporter un autre regard sur la direction de l'acteur, sur le découpage, suggérer, conseiller, et seconder la réalisation sur le plan du sens. Il doit aussi rédiger quatre rapports : un rapport pour le montage, un rapport image, un rapport journalier et un autre destiné à la production sur l'avancement du plan de tournage.
Quel caractère doit avoir un scripte '
Je crois qu'on est obligé de faire preuve de diplomatie, et en même temps il faut avoir du caractère pour s'imposer un peu.
On sait que vous avez collaboré avec une centaine de cinéastes comme Jacques Tati, Roman Polanski, Alain Resnais ou encore Costa Gaveras. Vous avez aussi travaillé aux côtés d'Alfred Hitchcock. Parlez-nous de cette collaboration et quel souvenir gardez-vous de lui '
J'ai en effet travaillé aux côtés d'Alfred Hitchcock, c'était en 1955 dans le film « La main au collet ». Je garde de lui le souvenir d'un homme affable, courtois et très modeste, et surtout à l'écoute de l'autre. Je me souviens que je lui ai fait la remarque sur l'habillement d'un acteur. Il allait porter une chemise avec de jolies boutonnières, alors que l'histoire du film se déroulait avant le déclenchement de la 1re Guerre mondiale. C'est-à-dire, on n'avait pas encore conçu cette mode. Il a beaucoup apprécié ma critique.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S S
Source : www.horizons-dz.com