
Un inspecteur des douanes et un importateur viennent d'être écroués. Les deux mis en cause sont impliqués dans une affaire liée à l'importation des habits de friperie alors que de telles opérations sont frappées par l'interdiction d'une loi qui a été promulguée récemment. Dans cette affaire, l'importateur a importé ses «chiffons» en faisant de fausses déclarations tandis que l'inspecteur l'a assisté quant au relevage de tels articles de friperie dès leur arrivage dans le port d'Oran. Une telle histoire a vu le jour en fin décembre de l'année dernière suite à une enquête ouverte par la Gendarmerie nationale d'Oran ayant intercepté trois conteneurs de friperie à bord de deux camions ayant pris la destination d'un dépôt dans la commune de Bir El Djir. De fil en aiguille, les enquêteurs ont réussi à situer les responsabilités des deux mis en cause. La douane, se mettant elle aussi de la partie, a, dans une mesure provisoire, gelé les fonctions de toute une brigade de ses agents affectés dans le port d'Oran.La truanderie commerciale prend des virages plus ou moins dangereux en dépit de l'ensemble des mesures arrêtées dans le cadre de la protection aussi bien du commerce national que du consommateur Algerie. Dans un passé récent, les services douaniers près le port d'Oran ont saisi 51 conteneurs chargés de bananes provenant du Brésil. Pour cause, l'importateur a transgressé les clauses contenues dans le cahier des charges régissant le commerce extérieur. Nombreuses sont ces conditions qui stipulent que l'importation d'un quelconque produit alimentaire ne doit aucunement dépasser le nombre de neuf conteneurs dans chacune des transactions d'importation conclues. Outre la saisie de sa marchandise, il a été arrêté avant d'être verbalisé, auditionné pour qu'il soit poursuivi devant les tribunaux pour transgression de la loi réglementant le commerce extérieur. Jalonné par tant de garde-fous rigoureux, le commerce extérieur connaît des coups tordus, souvent orchestrés aux dépens de cette armada de mesures. Interpellés pour enquête, des importateurs intéressés par le gain facile ne trouvent rien de mieux à dire pour se disculper que d'exprimer leur «ignorance de la réglementation». «La formation de ces importateurs est, à plus d'un titre, nécessaire», préconisent les spécialistes expliquant tout en plaidant pour «la nécessité de sommer ces importateurs à mettre en place des services de contentieux devant se charger exclusivement du volet juridique et autres services devant assumer le volet qualité avant la conclusion d'une quelconque transaction rentrant dans le cadre du commerce extérieur». Jusque-là, rien de cela ne s'est produit. Nombreux sont ces importateurs qui continuent à bafouer la réglementation. «Ce sont eux en personne (des importateurs) qui font leurs commandes à l'étranger alors qu'ils ignorent totalement les règles exigées dans le cadre du contrôle de qualité et de santé publique», a-t-on indiqué ajoutant que «ce sont eux qui procèdent au chargement de leurs importations dans les conteneurs dont ils attendent l'arrivage dans les ports algériens pour les réceptionner avant d'inonder le marché algérien». «Certains importateurs peuvent aller jusqu'à céder en n'imposant pas la loi algérienne comme préalable lors d'une quelconque commande opérée!», s'est-on exclamé. C'est d'ailleurs le cas des pièces détachées automobiles totalisant un poids de 16,6 tonnes qui ont été refusées en fin d'année passée quant à accéder dans le territoire national. Une première cargaison de 8 tonnes, d'une valeur de 13,5 millions DA en provenance de l'Union européenne, avait été refoulée au début du mois de novembre en cours pour défaut d'étiquetage en langue nationale. Deux autres cargaisons de 4 tonnes en provenance de l'Union européenne (UE), d'une valeur de 4,4 millions DA, ont été refoulées dans l'intervalle de deux jours pour la transgression similaire à la première. Les mêmes services de contrôle aux frontières relevant de la direction du commerce ont procédé, dernièrement, pour la même infraction, au refoulement d'une cargaison de 4,6 tonnes de pièces détachées d'une valeur de 8,7 millions DA. En octobre dernier, les services de contrôle aux frontières au port d'Oran ont refoulé deux cargaisons de banane en provenance de l'Equateur, totalisant 5040 tonnes pour double étiquetage. Ce n'est pas tout.Une telle transgression s'ajoute à l'ignorance involontaire des règles réglementant le commerce extérieur.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahida BAHRI
Source : www.lexpressiondz.com