
L'employé de l'Etablissement de gestion des services aéroportuaires (EGSA) d'Oran, Mohamed Atrous (60 ans), qui a entamé une grève de la faim le 24 janvier dernier, a été évacué, dimanche, vers le service des urgences médicochirurgicales d'Oran.Contacté par téléphone, hier, M. Atrous a déclaré «maintenir sa grève de la faim» et que son évacuation «a été programmée en raison de la visite du maire de Bordeaux, Alain Juppé, qui devait faire un arrêt près de son campement». S'agissant de son état, M. Atrous déclare : «Je commence à faiblir physiquement mais je tiens le coup. On me donne de l'eau et du sucre, mais on ne s'occupe pas bien de moi. Je ne reçois pas de visites. C'est usant. Mais il s'agit pour moi de réparer une injustice et donc je vais continuer». Un sit-in en soutien à sa protestation était programmé lundi mais il a été reporté à une date ultérieure. Interrogé sur ce report, il déclare : «Cette action de soutien, organisée par la ligue algérienne des droits de l'homme, a été reportée tout simplement parce que je ne suis pas sur les lieux. Mais c'est prévu pour une autre date.»Pour rappel, cet employé proteste contre la décision de l'administration qui le contraint à un départ à la retraite sous un régime autre que celui qu'il mérite. Il critique une clause de la convention collective qui a été abrogée lors d'un accord qu'il juge «illégal» entre l'entreprise et des représentants du syndicat de l'unité alors que c'est le secrétariat général national du syndicat d'entreprise qui devrait la signer et non pas les locaux. Le directeur des ressources humaines de l'EGSA avait expliqué que cet accord était légal. «Suite à la demande de la caisse de retraite, l'entreprise a dû revoir l'article 152 de la convention collective.Il a été décidé d'annuler cet article lors d'un accord signé avec le syndicat. Les services de l'inspection de travail ont validé l'accord, il est enregistré auprès du tribunal d'Es-Sénia et il a été signé le 1er janvier 2012».De son côté, le syndicat d'entreprise a diffusé un communiqué dans lequel il dénonce cette attitude : «Suite aux accusations de M. Atrous Hamdi et au refus de remettre son dossier de départ en retraite, le syndicat d'entreprise dénonce cette attitude». Le syndicat ajoute : «Le concerné a bénéficié des mêmes droits que des dizaines d'employés partis avant lui et qui n'ont à aucun moment protesté. Ainsi et pour l'historique, l'article 152 de la convention collective, servant d'argument au protestataire, qui stipule l'octroi de deux catégories à chaque agent une année avant la retraite, a été abrogé suite à une correspondance émanant de la CNR précisant que cet avantage n'allait en aucun cas être pris en considération dans le calcul de la pension de retraite.Afin de compenser la perte de cet acquis, un protocole d'accord a été conclu en mai 2012 entre le syndicat et la direction de l'entreprise portant sur la revue à la hausse de l'indemnité de départ à la retraite portée à 20 mensualités contre 16 auparavant, une formule qui a été plus avantageuse pour les retraités.» Quant à l'illégitimité du syndicat signataire de l'accord, le partenaire social rappelle que cette question a été tranchée par l'union de wilaya UGTA par correspondance en date du 29 janvier 2012 précisant que le syndicat d'unité est le seul représentant syndical et le négociateur légal envers l'employeur. Pour sa part, la LADH a diffusé un communiqué dans lequel elle dénonce les conditions d'évacuation de M. Attrous.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Redouane Benchikh
Source : www.elwatan.com