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Un chirurgien risque 6 mois de prison ferme



Un chirurgien risque 6 mois de prison ferme
Le juge d'instruction près le tribunal de première instance d'Oran vient d'entamer les procédures judiciaires portant sur les poursuites judiciaires lancées contre un chirurgien accusé d'infraction liée à la négligence médicale ayant provoqué la perte des cordes vocales d'un patient qui a été opéré dans le bloc opératoire du CHU d'Oran. Selon le Code pénal, le praticien en question risque un emprisonnement ferme de six mois. La victime est, selon le rapport de l'enquête et l'acte d'accusation, totalement infirme, c'est-à-dire aphone depuis la simple intervention chirurgicale qu'elle a subie au niveau du goitre.Son histoire a commencé le mois de juillet 2011 lorsque le malade, se préparant pour une intervention chirurgicale, s'est rendu dans le bureau dudit chirurgien lui remettant en main propre son dossier médical recommandant la nécessité de passer le patient à l'acte chirurgical en vue de l'ablation de son goitre. Ce qui fut fait dans le bloc opératoire 10 sans que le chirurgien ne juge utile de faire lecture du dossier médical du patient. A son grand dam, le malade, qui a été opéré, ne s'en est pas sorti indemne en passant sous les coups du bistouri. A peine remis des effets de l'anesthésie, il se rend compte qu'il a totalement perdu la voix.De fil en aiguille, les enquêteurs ont pu reconstruire l'affaire, tout en aboutissant à des révélations fracassantes faisant état que l'acte chirurgical a été mené en l'absence du médecin spécialisé dans les goitres. Ce n'est pas tout. Le rapport de l'enquête a révélé également que le chirurgien est allé un peu trop loin dans sa besogne en introduisant dans la bouche du patient un outil médicamenteux ayant été à l'origine des complications qui ont abouti à l'aphonie de la victime.D'autres complications respiratoires s'abattent sur le patient au point de recourir de nouveau aux services du même chirurgien. Ce dernier n'a rien trouvé de mieux à faire que de procéder à une trachéotomie l'ouverture d'une petite partie de sa gorge en vue de lui permettre de respirer. Le parent du patient, jugeant l'état critique du malade, a jugé utile de transférer celui-ci au nouvel hôpital d'Oran. Là encore, plusieurs chirurgiens se sont retrouvés dans l'inaptitude totale, quant à prendre en charge le patient. Sa famille passe à la vitesse supérieure en prenant en charge son proche à ses propres frais et ce en décidant de le soigner dans un hôpital français baptisé au nom de l'hôpital américain.Arrivé dans l'Hexagone, un groupe de spécialistes a réussi à sauver le patient des complications dont il souffrait sans pour autant pouvoir lui rendre la voix. Suite à une négligence médicale commise en Algérie, le patient a été «condamné au silence» pendant tout le reste de sa vie. Comme il s'est retrouvé dans l'obligation de se munir dans tous ses déplacements d'un petit appareil servant à nettoyer le canal qui l'aide à respirer à partir du petit trou ouvert par le chirurgien algérien dans sa gorge.L'affaire prise en main par le Pôle judiciaire d'Oran, a nécessité 18 mois d'investigations. Elle sera tranchée au début du mois prochain. Une telle affaire n'est pas la première dans son genre. Des négligences médicales sont quasi fréquentes dans les centres hospitaliers et hôpitaux d'Oran. Les procédures rentrant dans le cadre de leur traitement s'inscrivent souvent dans la durée, notamment chez les enquêteurs vu leurs complications.


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