Le monde s'est réveillé, hier, avec l'annonce de deux catastrophes, l'une
aérienne sur l'archipel des Comores et l'autre ferroviaire en Toscane, dans le
nord-ouest de l'Italie. Le hasard a voulu que les deux accidents, en dépit de
la distance qui les sépare, se produisent presque au même moment, à seulement
deux heures d'intervalle, dans la nuit de lundi à mardi. Les bilans provisoires
des pertes humaines rapportés, hier, par les agences de presse laissaient
présager le pire.
Près de l'archipel des Comores, un Airbus, l'A310-300 de la compagnie
aérienne yéménite Yemenia, s'est en effet crashé avec 153 personnes à bord,
dont des Français et des Comoriens. Un accident aérien qui survient à moins
d'un mois après la chute d'un A330 d'Air France entre le Brésil et la France.
Selon une commission d'enquête mise en place par le Yémen, deux Marocaines,
deux Ethiopiennes et une Philippine figurent parmi les 11 membres d'équipage de
l'Airbus A310-300 de la Yemenia. Les six autres membres d'équipage sont des
Yéménites, dont le commandant de bord, a-t-on ajouté de même source, sans plus
de précision. Le ministère yéménite de la Défense a, par ailleurs, révélé la
nationalité de 82 passagers de l'A310. Il s'agit de 54 Comoriens, 26 Français,
un Canadien et un Palestinien, précise le ministère dans son journal en ligne.
Selon des sources hospitalières à Moroni, un enfant a survécu à l'accident. Un
miracle qui laisse entrevoir une lueur d'espoir, aussi minime soit-elle, quant
à l'éventualité de trouver d'autres survivants.
A l'aéroport de Moroni, la douleur a rapidement succédé à la stupéfaction
après le crash nocturne de l'A310 de la compagnie Yemenia. L'ancien ministre de
la Défense Houmed Msaidié est resté à l'aéroport toute la nuit à l'affût de la
moindre information sur le sort de sa belle-mère. «J'ai vu l'avion approcher
puis repartir, je n'ai pas compris», explique-t-il, encore sidéré, à l'AFP. A
l'aéroport de Moroni-Hahaya, beaucoup de gens venus accueillir leurs parents,
dont une grande partie venait de France, sont en pleurs et tombent dans les
bras des uns des autres, en sanglots.
«L'avion était attendu à 22h30 GMT (01h30 mardi heure comorienne). Avant
son atterrissage, la tour de contrôle a perdu communication avec l'équipage.
Les conditions météorologiques étaient défavorables avec de fortes rafales de
vent», a déclaré Hadji Mmadi Ali, directeur de l'aéroport international de
Moroni. «Il m'a semblé que l'avion avait des difficultés à atterrir», a pour sa
part témoigné Mohamed Yahya, ancien directeur de l'aviation civile comorienne,
qui se trouvait à Moroni au moment du crash, évoquant le bruit que faisaient
les moteurs de l'appareil.
Par ailleurs, et à quelques dizaines de milliers de kilomètres au nord,
la station balnéaire de Viareggio, en Toscane, dans le nord-ouest de l'Italie,
était sous le choc hier après l'explosion la veille dans la nuit en pleine gare
dans le centre-ville d'un wagon rempli de GPL, qui a tué au moins 14 personnes.
Le dernier bilan provisoire de la catastrophe, probablement due à la
défaillance mécanique d'un wagon, est d'au moins 14 morts, dont deux enfants,
et 34 blessés dont 16 dans un état grave, selon la Protection civile locale. Le
maire de la ville, Luca Lunardini, a également fait état de cinq personnes
portées disparues. Plusieurs morts, certains carbonisés, ne sont pas encore
identifiés, selon le chef de la Protection civile, Guido Bertolaso, qui s'est
rendu sur place. «Il y avait des morts, des corps dans la rue qui avaient été
éjectés des maisons par l'explosion et tant de gens qui fuyaient, qui perdaient
leur peau car ils étaient brûlés». Le visage marqué, Roberto Galli est encore
sous le choc lorsqu'il raconte le drame à l'AFP. «Le gaz s'est répandu, cela a
explosé et tout a brûlé», ajoute-t-il, pointant du doigt la zone sinistrée.
Trois violentes explosions se sont produites peu avant minuit, soufflant deux
immeubles d'habitation. Au moins quatre autres immeubles ont été endommagés. Le
pape Benoît XVI a envoyé un télégramme pour exprimer sa «profonde compassion à
la douleur qui touche la ville tout entière». Cinq wagons-citernes du train sur
quatorze sont renversés et noirs de fumée à la sortie de la gare, a constaté
depuis un pont un journaliste de l'AFP.
La locomotive et la première citerne sont détachées du reste du convoi.
Les rails ont été déformés par le choc. Certaines roues des wagons ont volé et
atterri une trentaine de mètres plus loin. «La cabine de pilotage a été envahie
par le gaz, nous avons réussi à nous échapper. Nous sommes vivants, c'est un
miracle», a raconté l'un des conducteurs du train qui a réussi à s'enfuir avant
l'explosion. «L'axe du premier wagon s'est cassé, provoquant son affaissement»
puis le déraillement, selon les premières constatations, a indiqué Mauro Moretti,
un responsable des chemins de fer, cité par l'agence de presse Ansa.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Houari Barti
Source : www.lequotidien-oran.com