Ils l'ont fait les Verts, 24 ans après et revoilà l'Algérie de retour au
Mondial, pour la troisième fois, lavant l'affront de la défaite au Caire, de
l'agression honteuse et du précieux sang des supporters et des joueurs qui a
coulé.
Les Algériens, époustouflants, dès le but de la qualification dans les
filets égyptiens ont commencé à investir la rue et à la mi-temps le délire
avait déjà commencé, les youyous fusaient de partout, les klaxons et les cornes
de brume, les chants et les larmes de joie. Alger, Oran, Constantine, Adrar,
Sétif, Ghardaïa, Sidi Bel-Abbès et toutes les autres villes, villages - même
les plus reculés des douars - d'Algérie et même ailleurs, et en Egypte même
dans les coeurs des Algériens qui s'y trouvent. Des démonstrations de joie et
une liesse populaire qui n'ont d'égal que celles d'un certain juillet 1962. Des
milliers de mètres de drapeaux, des méga-décibels de klaxons et de voix
hystériques. L'Algérie qualifiée au Mondial 2010, elle ira jouer au « Sud
Afrique», scandaient des gamins, des vieux, des vieilles, toute l'Algérie...
Aucune comparaison avec les autres explosions de joie lors des dernières
victoires, les mots manquent pour décrire le bonheur indescriptible qui
déferlait dans la rue algérienne. Femmes, hommes, enfants, en famille,
n'avaient sur les lèvres que «One, two, three, viva l'Algérie ! », répétant
sans se lasser les noms des joueurs algériens qui ont fait leur joie et leur
bonheur. Ils ont été formidables ces Algériens en Algérie et ces Algériens au
Soudan, sur le terrain ou dans les tribunes, à Marseille, Barbès... Même en
1982, l'Algérie n'a pas vu pareilles démonstrations. Partout dans nos villes,
les cortèges de véhicules chichement décorés, les fumigènes, même les flammes
des aérosols d'insecticide, tout était bon pour exprimer le bonheur qui se
lisait sur tous les visages.
Libérés étaient les Algériens, libérés de la grande tension de plusieurs
semaines par des médias indignes, oublié le sang coulé, les bus caillassés, les
blessures de Halliche, Saïfi et Lemouchia. Il ne restait plus que le joie. «Oui
! Merci, merci les Verts !»: les Algériens ont adressé une véritable ovation
hier soir à leur équipe de football. Une gigantesque clameur a éclaté dans
toutes les grandes villes d'Algérie dès la fin de ce match d'appui, «après 90
minutes des pires angoisses», a expliqué Djamel, 45 ans et fervent des Verts.
Par centaines de milliers, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, ainsi que
des familles avec leurs enfants ont déferlé dans les rues des villes ou des
villages, drapeaux levés, criant leur joie au milieu d'un tonnerre de pétards,
feux d'artifice et coups de klaxon des voitures qui ont envahi les grands axes.
Les forces de l'ordre, déployées en masse à Alger en prévision de débordements,
assistaient bon enfant à ce déferlement. Des policiers ont même enclenché leurs
sirènes, certains dansant de joie quelques minutes avant de retrouver leur
calme.
«Merci les Verts», «One, two,
three, viva l'Algérie», «On va au Mondial», «Tous en Afrique du Sud», criaient
les Algériens dans tous les quartiers d'Alger, dans le centre-ville, à El-Biar
ou Hydra sur les hauteurs huppées ou à Bab El-Oued et dans la Casbah, très
populaires. «C'est trop, ils nous ont tout donné», a déclaré Naïma, 18 ans,
riant et pleurant à la fois. «On n'est que 200 habitants, mais on est tous
dehors», a assuré à l'AFP un Kabyle depuis son village niché dans la montagne.
Une ambiance extraordinaire est créée par une population très heureuse de cette
victoire des Verts en Coupe du monde. Drapeaux en l'air, les gens célébraient
dans une liesse indescriptible le but d'anthologie à la 40e minute de jeu de
Antar Yahia qui a mis à terre le gardien égyptien Issam El Hadary.
A Oran, quelques minutes après le
coup de sifflet final de l'arbitre, les rues d'El-Bahia ont connu une liesse
populaire jamais égalée par le passé. Grands et petits, femmes et hommes, vieux
et vieilles sont même sortis fêter leur joie. Toutes les rues et ruelles de la
cité étaient prises d'assaut dans une ambiance indescriptible avec des
accolades, des youyous de femmes qui fusaient de tous les balcons, des
fumigènes et des feux d'artifice où le vert dominait. Déjà à la mi-temps et
juste après le coup de patte magique de Antar Yahya, la joie a été exprimée
vivement par les inconditionnels des Verts plaqués devant leurs petits écrans
et des grands écrans dans les places publiques, durant le premier half, ponctué
et au moment voulu par le but libérateur de tout un peuple. Durant la seconde
période, la confiance régnait en dépit du forcing des Egyptiens qui jouaient
leurs dernières cartes. La ville s'est à nouveau vidée de son monde à la
reprise et plongée dans un total silence, sauf dans les chaumières et les
places publiques. Mais au fur et à mesure que la fin approchait, la joie se
faisait entendre de tous les foyers de la ville. Et durant les 4 minutes du
temps additif, des minutes les plus longues du match et devant l'énervement des
Egyptiens, la victoire finale se dessinait. Dehors et chacun, vêtu des couleurs
nationales, exprimait à sa manière sa joie en prenant part à cette fête non
seulement des Verts, mais de tout un peuple qui voulait cette victoire pour
démontrer au monde entier que la défaite du Caire n'était que le résultat de
circonstances particulières et d'une embuscade bien concoctée par les
responsables chauvins du football égyptien. Vers 22 heures, le centre-ville
d'Oran ressemblait à Rio de Janeiro lors de son traditionnel carnaval. La fête
s'est poursuivie jusqu'au petit matin. A Ghardaïa, que ce soit au chef-lieu ou
à Berriane ou à Guerrara, pour ne citer que ceux-là, des foules immenses en
liesse ont commencé à manifester leur joie comme ils ne l'ont jamais fait
jusqu'à hier. Il en était de même partout !
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mustapha Mazari & SC
Source : www.lequotidien-oran.com