Oran - A la une

Tristes records



Tristes records
Sans doutes incomplètes et probablement à revoir à la hausse, les données chiffrées des accidents de la route, ces 20 dernières années en Algérie, sont tout de même ahurissantes. Environ 45 000 accidents, 4 500 morts et 50 000 blessés sont déplorés chaque année. Certaines collisions provoquent des décès massifs, comme l'accident de Laghouat, le 30 septembre dernier, qui a fait 17 morts et 27 blessés. À certaines périodes, tel le mois de Ramadhan, les compteurs s'affolent : en l'espace d'une seule semaine du Ramadhan 2011, 667 accidents sont survenus, entraînant la mort de 103 personnes et faisant 1 310 blessés, pour une moyenne effarante de 14 morts par jour. Il y a encore deux jours, alors que l'Algérie célébrait le 60e anniversaire du 1er Novembre 1954, jour du déclenchement de la Guerre de libération, et le sacre sétifien, un accident entre deux véhicules légers à Oran a fait 4 morts et cinq blessés graves sur une route départementale, étroite et anonyme où la vitesse est limitée à 80 km/h. Accident qui venait rappeler, si besoin est, que l'Algérie se trouvait toujours dans le top 5 mondial des pays les plus endeuillés par les accidents de la route. Le profil des conducteurs impliqués dans ces tragédies : jeunes ou moins jeunes des deux sexes, issus de toutes les couches de la société, célibataires ou mariés, sobres, en état d'ébriété ou sous l'effet de stupéfiants, seuls ou accompagnés, conduisant des voitures neuves ou relativement neuves sur des routes récentes, parfois trompeuses parce que construites à la hâte, au milieu d'une majorité d'automobilistes indifférents au code de la route, ne levant le pied qu'à l'approche d'un barrage de police ou de gendarmerie. Que reste-il à ajouter à ce sombre état des lieux ' Des institutions incapables de prendre les mesures qui s'imposent pour mettre fin à de telles tragédies, à cette hécatombe chaque année plus meurtrière, chaque année plus sanglante. Des institutions dépassées par l'ampleur du phénomène, impuissantes à réagir et réduites à dresser les bilans macabres et à en exposer les causes devant une assistance atterrée. Alors que les citoyens espèrent l'avènement d'un plan national de lutte fort et énergique, de décisions radicales (comme celle qui a conduit l'Algérien à adopter le port de la ceinture de sécurité), les instances concernées continuent de se suffire d'opérations desensibilisation, d'appels au respect du code de la route et d'autres petites mesures souvent maladroites et excessives (comme le retrait du permis combiné à une amende de 2 000 DA pour un excès de vitesse de 91 km/h sur une route limitée à 80).Dans quelques semaines 2014 s'achèvera, à n'en point douter, sur un bilan désastreux et le sentiment amer que l'Algérie a encore raté l'occasion de prendre à bras le corps cet autre cancer qui continue de ronger la société.S. O. A.


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