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Tripartite, la belle affaire



Tripartite, la belle affaire
Le crédit à la consommation a été supprimé par une disposition de la loi de finances complémentaire 2009 en son article 75. Une mesure qui ne répondait à aucun impératif économique, sinon celui de l'«endettement des ménages» qui, en plus d'être l'émanation d'une appréciation arbitraire, ne constituait pas vraiment un péril si on n'excepte son effet «nouveauté» qui pouvait en effet produire de l'excès.Et si on avait eu le souci de la rationalité économique, il eût fallu peut-être se rappeler que le crédit à la consommation est l'affaire des? banques !Or, le crédit à la consommation a été supprimé exactement de la même manière qu'on l'a institué : sur injonction politique.Les banques, qui sont censées être des entreprises autonomes qui doivent prendre les décisions qui répondent à leur souci de développement et à leur utilité publique, ont été sommées d'accorder des crédits «à tout le monde», avant qu'on ne les instruise de l'arrêter? pour tout le monde !Et aux citoyens, on n'a même pas laissé la liberté de gérer leurs finances et de décider comme des adultes de leurs opportunités de consommation.Le problème est que l'unique argument recevable dans cette histoire, à savoir la réduction des importations de véhicules, a été balayé au bout d'une année.Les concessionnaires ont continué à voir les chiffres de leurs ventes s'affoler et les importations ont évidemment suivi la même courbe. Une lapalissade.Et ce n'est pas seulement en matière de crédit que l'économie algérienne fonctionne sur injonction, l'expérience est une réussite telle qu'on a pensé qu'il fallait la généraliser.Il en a été ainsi de l'emploi quand on a sommé les entreprises d'en «donner» sans autre forme de procès. Offrir des emplois «fictifs», ce qui fait d'elles des entreprises tellement performantes qu'on est obligé de relancer le crédit à la consommation à leur bénéfice exclusif pour espérer grignoter des parts de marché !Pour couronner le tout, en allant jusqu'au bout de sa logique, c'est à la? tripartite que le gouvernement a confié la promotion du «consommer national».Un espace où il a été rarement ? pour ne pas dire jamais ? question de l'entreprise, puisqu'on s'y réunit pour entériner des décisions? politiques qui réussissent le miracle de mettre d'accord le gouvernement, le patronat et (le) partenaire social sans avoir à s'encombrer d'une table de négociations.Tout comme on ne semble pas s'encombrer de formalités pour rétablir le crédit à la consommation. Il suffit pour cela d'amender l'article 75 de la LFC 2009 et les ventes du «produit national» seront considérablement boostées.On pensait que la Renault Symbole oranaise était d'un design et d'une mécanique de haut vol comme le disait le ministre de l'industrie à partir de Paris.Voilà qu'on la réserve ? ou plutôt on l'impose ? aux seuls algériens qui ont le malheur de ne pas pouvoir se payer une voiture cash.On connaissait ceux qui naissent avec une cuiller en argent dans la bouche, nous découvrons une voiture avec un pont en or avant de sortir des ateliers. Et ce n'est pas sûr que ça marche, avec ça !Les banques, elles, sont encore convoquées pour «donner» des crédits. On fait même dans la précision en fixant la somme «entre 300 000 et 700 000 dinars».Les entreprises, elles, n'ont qu'à se manifester pour «être concernées par la mesure», c'est M. Benbada, le ministre du commerce qui le dit.Et cette mesure, avec plein d'autres encore, c'est une nouvelle fois à la? tripartite qu'elle sera soumise prochainement. Des mesures qui seront âprement «négociées», manifestement.Slimane Laouari


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