Le Tribunal criminel de 1re Instance d'Oran a condamné, hier, les dénommés Be. Mohamed, 25 ans, et Bo. Mohamed Lahbib, 30 ans, à 7 et 5 ans de prison ferme pour s'être rendus coupables de coups et blessures volontaires avec préméditation sur la personne de S. Djilali.Les faits de cette affaire qui remonte à octobre 2017, ont eu pour théâtre un terrain de football de la daïra de Gdyel. Selon l'arrêt de renvoi lu à l'audience, il est apparu qu'une altercation verbale avait opposé Be. Mohamed à Djilali au cours d'un match et que les présents étaient intervenus pour séparer les antagonistes avant qu'ils en arrivent aux mains. Un peu plus tard, munis d'armes blanches, Mohamed revient en compagnie de son cousin Bo. Mohamed Lahbib, également, armé d'un grand couteau (des témoins oculaires parleront d'épées) pour tenter d'agresser Djilali. Celui-ci reçoit un coup de couteau à la main gauche mais réussit à prendre la fuite et à se réfugier dans la maison d'un voisin. Les deux présumés agresseurs tentent en vain de l'en faire déloger avant de prendre la fuite pour se faire arrêter par la police quelque temps plus tard.
Evacué aux urgences hospitalières, S. Djilali est contraint de passer par le bloc opératoire, le coup de couteau reçu lui a sectionné les nerfs et tendons de la main. Selon les médecins, le blessé a perdu 45% de l'usage de sa main et devra suivre une rééducation pendant 6 mois sans la moindre garantie d'un rétablissement complet.
Lors du procès, Be. Mohamed avoue avoir frappé la victime (qui ne s'est pas présentée à l'audience) mais jurera avoir utilisé un tesson de bouteille : « Je n'avais pas d'armes blanche et je n'avais pas l'intention de le tuer», soutient-il alors que Mohamed Lahbib niera et rejettera l'ensemble des charges : « Je n'avais pas de couteau, je n'ai pas poursuivi la victime et je ne l'ai pas frappée», dira-t-il en substance, contrairement à ce que les divers témoins (qui ont boudé le procès) ont affirmé, lors de leurs dépositions, devant la police. Dans un bref réquisitoire, le représentant du ministère public dira que les preuves contenues dans le dossier d'accusation accablent les mis en cause et requerra 10 ans de prison ferme. Intervenant en premier, l'avocat de Bo. Mohamed Lahbib plaidera l'acquittement de son client en déplorant l'absence de la victime et des témoins qui auraient pu éclairer davantage le tribunal: « Il n'y a aucun élément de preuve qui incrimine mon client et la victime a essuyé une seule blessure (que Be. Mohamed a avoué en être l'auteur, Ndr)», dira-t-il.
L'avocate de Be. Mohamed, s'insurgera d'abord contre le traitement réservé à son client : « Lors de l'instruction, nous avons demandé qu'il soit examiné par un médecin parce qu'il présentait une blessure causée par la victime mais on nous a débouté au motif qu'il était accusé…
Plus tard, on lui a interdit ses médicaments alors qu'il souffre de crises épileptiques», lancera-t-elle, révoltée, en rappelant que même les détenus ont des droits. L'avocate plaidera, ensuite, les circonstances atténuantes en affirmant que c'est la victime qui avait frappé en premier et que l'accusé n'a pas le profil d'un criminel. Après délibérations, le tribunal condamnera les deux accusés à des peines de 5 et 7 ans de prison.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Nadir
Source : www.lequotidien-oran.com