Oran - A la une

Travail des enfants : Ce que ne disent pas les chiffres



La célébration de la Journée mondiale de lutte contre le travail des enfants, officialisée depuis 10 ans, a été marquée hier par la tenue d'une journée d'études sur ce fléau et ce à l'initiative de la direction de la santé, de la population et de la réforme hospitalière d'Oran en présence de représentants de l'inspection du travail ainsi que de la formation professionnelle. Dans son allocution d'ouverture, M. Guessab, le directeur de la santé, a mis l'accent sur la nécessité de dépasser le stade du constat et d'initier des actions concrètes afin de diminuer de ce phénomène qui est en croissance en raison notamment de la prédominance de l'informel. A ce sujet, le directeur de l'inspection du travail nous dira en aparté que sur les 600 entreprises ciblées par une enquête dont le but était de déceler des infractions dans ce domaine, aucun cas n'a été signalé. Cependant, force est de reconnaître que des enfants en bas âge, de moins de 16 ans, activent dans le secteur informel où il est difficile de faire un constat exhaustif en raison de la réticence même des concernés, précise notre source. Le DSP a précisé qu'en dépit d'un arsenal juridique, le phénomène est une réalité et les statistiques font défaut dans ce domaine et la seule étude faite en 2008 a fait l'objet d'une controverse de la part même des officiels. Le même responsable a rappelé que dans ce domaine, la fin de l'année 2016 a été déclarée comme étant la date butoir pour éradiquer ce fléau avec cependant l'implication de toutes les parties concernées pour mener des actions concrètes et notamment en milieu rural. Au menu de cette rencontre, plusieurs communications étaient programmées et ont porté en grande partie sur un état des lieux dans ce domaine avec cependant une absence de chiffres et les analyses avancées sont restées au stade des généralités. Toutefois, la seule intervention empirique demeure cette enquête menée tout récemment à Oran par un groupe de praticiens et qui a conclu que sur un échantillon de 100 enfants activant au niveau de M'dina Jdida, 80% sont des garçons et la moyenne d'âge chez ces sujets est de 13 ans alors que pour les jeunes filles, il est de 16 ans. Un autre élément révélateur de l'équation entre travail des enfants et de l'échec scolaire a été confirmé étant donné que 85% des cas affirment qu'ils ont échoué à l'école. Parmi eux, 51% affirment qu'ils ont été contraints à cette activité pour des raisons financières alors que 48% le sont strictement pour des raisons personnelles. Sur les raisons du choix, 34% des enfants affirment qu'ils ont été conseillés par leurs parents alors que 64% ont choisi cette voie de leur propre gré. Quant à la destination des gains, 45% affirment qu'ils les remettent à leurs parents alors que 29% font un partage avec les parents.


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