Inlassablement, tant que la sécurité énergétique n'est pas assurée, plusieurs questions reviendront et constitueront des sujets majeurs pour le débat public. À commencer par celle relative au pétrole et gaz de schiste.Un sujet qui, évidemment, ne laisse personne insensible et qui, d'ailleurs, a fait l'objet, en dehors des dernières interventions du ministre de l'Energie sur la question, d'une attention très particulière, aussi bien ici qu'à l'étranger, tant l'Algérie est donnée pour être une potentielle puissance eu égard à ce dont regorge son sous-sol en schiste.
Sujet sensible depuis sa première évocation, il y a quelques années, le ministre de l'Energie s'est fait un point d'honneur de remettre sur la table la question du schiste, tout en prenant la précaution de préciser que son exploitation n'est pas à l'ordre du jour. Du moins pas d'ici 2030, si et seulement si «l'équilibre n'est pas atteint entre économie d'énergie, énergies renouvelables et nouvelles énergies...». Le tout en martelant que le gaz de schiste «n'est pas une rente (...) c'est pour la sécurité énergétique». D'ailleurs, jusque-là, Sonatrach n'a fait qu'évaluer le potentiel du sous-sol algérien en schiste. Là, ce qui est avéré, c'est que les réserves de l'Algérie sont estimées à l'équivalent de 2,7 milliards de tonnes d'hydrocarbures liquides, sans parler du reste à découvrir. Dès lors, l'Algérie peut exporter ses hydrocarbures sans crainte jusqu'à 2030, tout en assurant sa sécurité énergétique jusqu'à 2040 sous certaines conditions. En effet, le reste à découvrir, l'amélioration des taux de récupération, et l'exploitation de petits gisements en partenariat constituent des conditions devant permettre au pays de demeurer exportateur, tout en assurant sa sécurité énergétique.
C'est dire que pour éviter toute mauvaise surprise, le secteur de l'énergie se retrouve dans l'obligation d'«étudier toutes les solutions sans exception». Pour le moment, aucune exploitation du schiste dont regorge notre sous-sol n'a lieu, et «rien ne sera entrepris dans ce sens sans débat et dialogue préalable. Rien ne sera réalisé s'il y a le moindre risque d'impact environnemental. Rien ne sera entrepris s'il n'y a pas de besoin pour la sécurité énergétique. Et si des travaux doivent être entrepris, le risque financier sera partagé avec le concours de partenaires financiers. Si des travaux sont entrepris, ils le seront avec des investissements créateurs d'emplois et d'autres sociaux, et à ce titre, Sonatrach est prête à investir localement, chaque année, 20 millions de dollars dans le domaine social», rassure le ministre de l'Energie. La question du schiste continuera sans doute de partager les avis, mais les faits sont là, imposants dans toute leur splendeur, notamment en ce qui concerne les potentialités prouvées de l'Algérie, comme le révélait Mustapha Guitouni, l'ex-ministre de l'Energie, à Oran lors de la 8e édition de la North African Petroleum Exhibition and Conference (Napec), il y a un peu plus de deux ans, lorsqu'il faisait état de prospection et d'examen des conditions de développement en termes de technologie, de rentabilité et de protection de l'environnement et des populations. Ceci, alors que lors du même événement, l'ex-président d'Alnaft énumérait les potentialités prouvées de l'Algérie en schiste qui, confiait-il, atteignent les 30 000 milliards de mètres cubes pour le gaz, et pas loin de 10 milliards de barils de pétrole. Un potentiel qui fait de l'Algérie le troisième pays au monde en matière de réserves de pétrole et de gaz de schiste. Des réserves prouvées et récupérables, ainsi qu'un potentiel que confirmera, quelques mois plus tard, un rapport de la Conférence des Nations-Unies pour le commerce et le développement (Cnuced), qui affirmait que 19% des ressources mondiales techniquement récupérables de gaz de schiste sont détenus par l'Afrique, dont plus des deux tiers localisés en Afrique du Nord, principalement en Algérie avec plus de la moitié du potentiel.
Le rapport indique que les ressources récupérables de gaz de schiste de l'Algérie sont estimées à environ 7 576,6 trillions de pieds cubes (Tcf), ce qui représente plus de 60 ans de consommation mondiale de gaz naturel, en prenant 2016 comme année de référence. Si l'on se réfère aux données de la Cnuced, les 10 premiers pays qui détiennent dans leur sous-sol le plus haut potentiel de ressources techniquement récupérables sont la Chine, l'Argentine, l'Algérie, les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, l'Australie, l'Afrique du Sud, la Russie et le Brésil. À eux dix, ils détiennent pratiquement les trois quarts des ressources techniquement récupérables de gaz de schiste au monde, quand l'Algérie à elle seule détient 707 trillions de pieds cubes de gaz de schiste, soit 9,3% des réserves mondiales techniquement récupérables.
Azedine Maktour
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Maktour
Source : www.lesoirdalgerie.com