Oran - Revue de Presse

Tournée de Bush au Proche-Orient Paix et pétrole au menu



Le président américain G.W. Bush, arrivé mercredi en Israël, a pris son bâton de pèlerin dans une région explosive, pour tenter de rapprocher les Israéliens des Palestiniens, pour un accord de paix pas tout à fait en faveur du peuple palestinien. C'est en tout cas le sentiment général dans la bande de Gaza et dans les territoires occupés, complètement bouclés par Tsahal à l'occasion de la visite du président américain à Al Qods. L'agenda de G. Bush doit en fait lui permettre de rencontrer le Président Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Olmert, pour tenter de trouver les moyens pour la création d'un Etat palestinien. C'est, en fait, un des objectifs des discussions d'Annapolis, qui avaient achoppé sur plusieurs questions évidentes, ainsi que l'avait prédit le staff diplomatique du président américain. Condoleeza Rice, le chef de la diplomatie américaine, est sceptique quant à une réelle percée dans les discussions entre Palestiniens et Israéliens pour l'amorce d'un accord global devant ouvrir la voie vers la création d'un Etat palestinien. D'autant que si G. Bush rencontrera en Cisjordanie, durant sa tournée, le représentant du Quartette au Proche-Orient, l'ex-Premier ministre britannique Tony blair, il devra très probablement rencontrer Abbas et Olmert séparément. Une manière protocolaire qui ne devrait pas faire bouger les choses dans un dossier déjà miné au départ : l'éviction du Hamas de tout processus de négociation pour la paix et l'instauration d'un Etat palestinien viable et représentatif de toutes les tendances politiques. Car si les Etats-Unis ont repris leur initiative pour rapprocher les points de vue entre Palestiniens modérés et le gouvernement Olmert, c'est plus pour donner davantage de garantie aux lobbies juifs et à Israël quant à leur «sécurité près des frontières (nouvelles) de l'Etat palestinien». Une démarche tout à fait utopique, car les Américains, qui ont classé le Hamas parmi les organisations terroristes, savent pertinemment que toute solution au vieux conflit israélo-palestinien passe nécessairement par une solution qui inclut tous les Palestiniens. Pour autant, il semblerait que Washington, très certainement sous l'insistance des lobbies juifs, fasse l'impasse sur le Hamas, mais sans le contourner véritablement. Le président américain, qui poursuivra sa tournée dans la région en se rendant en Arabie Saoudite, aux Emirats arabes Unis, en Egypte et au Bahrain, tentera très certainement d'évoquer avec leurs dirigeants, et particulièrement à Riadh, du cas du Hamas. Car les Américains comptent bien utiliser certaines capitales arabes, dont l'Egypte et Ryadh, pour user de leur influence auprès des dirigeants du Hamas pour ne pas «trop perturber» l'actuel processus de rapprochement des points de vue entre le gouvernement de Mahmoud Abbas et les Israéliens. D'autre part, la tournée du président américain dans la région, coïncide curieusement avec les résultats des primaires aux Etats-Unis. La bataille entre républicains pour les présentations d'un successeur «à la famille Bush» sent comme une odeur de pétrole. Car les discussions du président américain dans les capitales arabes, notamment en Arabie Saoudite, ne tourneront pas seulement autour de la facilitation diplomatique pour une paix des braves en Palestine, mais bien pour la défense des intérêts du clan républicain qui croisent toujours ceux des riches familles texanes qui détiennent entre leurs mains l'essentiel de la production pétrolière américaine et dans beaucoup de pays arabes.
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