Les habitants de la commune de Hennaya éprouvent de plus en plus de difficultés à enterrer tard leurs proches au cimetière «Sidi Mohamed», situé à proximité du grand quartier de Hay Khémisti. Mardi dernier, les familles Kendouci et Saf ont été contraintes d'inhumer dans le noir une parente émigrée décédée depuis plus d'une semaine à Paris (France). En effet, l'avion d'Air Algérie transportant le cercueil en provenance de Paris devant atterrir à l'aéroport «Messali Hadj» de Zenata à 15h30 n'est arrivé que vers 18h30 (soit un retard de 3 heures) et ce, en raison de la grève des aiguilleurs du ciel en France. Les proches de la défunte et des bénévoles ont recouru aux phares de véhicules faisant partie du convoi funéraire et aux téléphones portables pour éclairer la descente du cercueil dans la fosse vers les coups de 19h30 et ce, faute de lampadaires d'éclairage dans ce cimetière qui s'étend sur plusieurs hectares.Selon un fossoyeur bénévole, cette situation cauchemardesque est souvent vécue par de nombreuses familles qui réceptionnent les cercueils vers le tard au niveau des aéroports de Zenata, Oran et Alger en effectuant l'inhumation de leurs proches décédés dans l'obscurité. «Ce cimetière est dans état lamentable ! Il n'y a ni éclairage ni eau ! La porte d'entrée métallique est endommagée. Certains murs de la clôture du cimetière sont lézardés. Pour les herbes sauvages et détritus qui envahissent les tombes et allées du cimetière ou l'absence de gardiennage pendant la journée et la nuit dans ce cimetière, on n'en parle même! Mais, c'est honteux, où sont les responsables concernés '!», lance un habitant de Hennaya présent à cette cérémonie d'enterrement nocturne.
«Il faut au moins un peu de décence et de respect à nos morts. Les élus locaux sont responsables de la tranquillité ou de l'hygiène et la salubrité publiques. On aimerait bien qu'ils consacrent un peu de temps à la situation d'abandon de ce cimetière. Pour l'éclairage nocturne, c'est très simple : il suffit de quelques lampadaires qu'on peut brancher à partir des poteaux qui illuminent le rond-point à 4 mètres de la porte d'entrée du cimetière. Pour l'eau, c'est facile, car il existe un puits rempli d'eau au milieu du cimetière, il lui faut uniquement une pompe pour que la fontaine soit mise à la disposition des usagers. Le gardiennage, par exemple, peut être assuré par deux jeunes de pré-emploi qui activent à l'APC. Il faudrait aussi penser à l'élargissement de la porte d'entrée qui ne permet pas parfois le passage de camions et véhicules larges et hauts. Il y a également le problème du creusement des tombes dans la roche car les jeunes bénévoles ne trouvent pas de matériels et équipements adaptés pour contribuer à l'enfouissement du cadavre dans les sols. En plus, il faudrait penser à un plan général de ce cimetière, qui doit être déposé en mairie. Ce plan mentionne les numéros des tombes, les différentes divisions et la localisation des sépultures dans tout le cimetière», propose, pour sa part, un fonctionnaire à la retraite de la daïra de Hennaya.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khaled Boumediene
Source : www.lequotidien-oran.com