A l'intérieur du parti FLN, la guerre desclans est ouvertement déclarée et depuis longtemps déjà. L'électeur, commeassommé sous l'effet du jeûne et une vie trop chère, n'accorde guère d'intérêtaux guéguerres trop bruyantes, aux antipodes de ses préoccupationsquotidiennes. A quelques semaines du renouvellement des instances locales,l'effervescence est à son comble parmi le plus vieux parti du pays. Pour laconfection des listes des candidats, c'est à de véritables guerres de tranchéesqu'assistent les Tiaretis comme interdits par cette foule compacte quis'agglutine, du matin jusqu'à une heure tardive de la nuit, devant le siège dela mouhafadha en quête des noms appelés à figurer sur les listes de toutes lesdiscordes. En effet, depuis une semaine, le mic-mac des élections locales faitun boucan tel qu'il est sur toutes les lèvres sur la place publique à Tiaret.Au point que même les longues, vides et insipides soirées ramadhanesques, fautede mieux, sont exclusivement consacrées aux supputations et autres pronosticsfarfelus sur les listes et les noms appelés à les composer. Mardi dernier, àpeine une demi-heure après le rupture du jeûne, il y avait une foule bariolées'agitant devant le siège de la mouhafadha. Renseignement pris, l'on saura quedes militants surexcités à l'idée de voir leurs «outsiders» exclus de lacourse, s'en sont venus aux mains avant d'être rappelés à l'ordre autour d'uncafé-maison et un morceau de kalb-ellouz. 1.271 dossiers de «soupirants» aux 42communes de la wilaya ont été déposés sur le bureau du mouhafedh, président dela commission des candidatures contre plus de 200 prétendants à la premièreinstitution élue de la wilaya (l'APW). Leslongues et laborieuses soirées ramadhanesques passées à «trier» les dossiersn'ont pas encore accouché des heureux candidats à la candidature. Même si desnoms pressentis depuis longtemps circulent déjà dans le sérail politique localavec des «intentions de vote qui peuvent aller à tous sauf aux élus sortantsqui ont dévitalisé la capitale des Rostomides», fulmine Ammi Tayeb pour lequel «l'APCsortante a fait prendre à la ville un retard considérable». Il en veut pourpreuve le seul élu «repêché» et reconduit aux forceps au détriment de tous lesautres élus à la commune de Tiaret éconduits, sans autre forme de procès, parle parti. Avant la nuit des longs couteaux, à l'issue de laquelle les listesseront enfin rendues publiques, beaucoup d'eau aura couler sous les ponts avecdes risques de dérapages en tous genres, susurre-t-on, du bout des lèvres dansles rangs «desserrés» du plus vieux parti à Tiaret. Jusqu'à jeudi soir, un monde fou était toujours «agrippé, aux mursdu siège de la mouhafadha» et rien n'a filtré du formidable «boulot decoulisses», ni de quoi il allait «accoucher». Chez le parti d'en-face, le Rassemblement démocratique national,l'ambiance paraît plus calme, derrière son siège, blotti à l'intérieur d'unimmeuble, place «Regina». Un consensus «naturel» a été dégagé autour descandidats «susceptibles de représenter honorablement le parti lors desprochaines joutes électorales avec des chances certaines de succès», parie uncitoyen heureux de voir la formation d'Ahmed Ouyahia, ouvrir ses rangs auxnon-militants. Ce qui est inimaginable chez le plus vieux parti du pays»,soutient-il mordicus. Dimanche, la liste pour la commune de Tiaret sera rendue publiqueet en attendant, tout le monde retient son souffle au sein du parti d'AhmedOuyahia. Le«topo» chez le troisième parti de l'alliance présidentielle paraît, enrevanche, plus morose avec un «silence radio» autour des noms aptes à endosserle maillot du parti cher à feu Mahfoud Nahnah. Pour beaucoup d'observateurs dela chose politique locale, le MSP ne semble pas s'être remis du sévèrecamouflet qu'il a reçu lors des élections législatives du 17 mai dernier où il n'aobtenu aucun siège. «Un traumatisme que le MSP en est encore à digérer»,commente, d'un verbe «acéré» un militant du parti d'Abou-Djerra Soltani. Selon une dernière information provenant des états-majorspolitiques locaux, d'ici au 9 octobre prochain, date limite pour le dépôt desdossiers le nombre des candidats dépasserait facilement les 3.000 noms. Aufait, qui a dit que les communes étaient des «nids à crabes»?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : El-Houari Dilmi
Source : www.lequotidien-oran.com