Oran

Théâtre



Théâtre
Une représentation figure au programme du Festival du théâtre arabe, dont l'affiche est toujours à la salle Es-Saada, à Oran, où elle a été présentée.Le spectacle, qui multiplie les effets spéciaux et les chorégraphies, met effectivement l'accent sur la frénésie de la consommation et, concept apparu plus tard, de l'achat.Ce sont évidemment les sociétés des pays industrialisés producteurs de biens divers qui sont habituellement désignées par ces qualificatifs, c'est-à-dire les sociétés de consommation et les sociétés d'achat avec tout ce que cela entraîne comme aspects annexes (matraquage publicitaire, etc.) mais aussi orientation idéologique, aliénation de l'individu, etc.Le recours dans ce spectacle à la danse macabre des zombies est sans doute un clin d'?il au film américain éponyme réalisé dans les années 1970, c'est-à-dire au summum de l'essor productif. La scène célèbre du film montrant l'envahissement par les zombies d'un immense centre commercial est considérée par les spécialistes comme une critique des effets de la société de consommation, exagérant et caricaturant l'aliénation des masses par la profusion des biens. Le metteur en scène égyptien prend à son compte cette idée, mais le résultat est un décalage dans le temps et dans l'espace.Resident EvilDans l'espace, parce que la réalité égyptienne, et par extension, celle de la sphère dite «arabe», pour laquelle sont théoriquement destinés ces spectacles, est à des années-lumière de ce qui prévaut aux Etats-Unis, où, généralement, dans les pays industrialisés.Dans le temps, parce qu'entre-temps la crise est passée par là et qu'aujourd'hui même le «consommateur» américain n'est plus ce qu'était son aîné des années 1970 et, pour preuve, nombre de ses immenses Mall qui ont proliféré à l'époque se retrouvent aujourd'hui en faillite, désertés et désespérément vides. Symboliquement, vu sous cet angle, c'est le film Resident Evil qui sied le mieux. Là aussi, on a affaire à des zombies, mais nulle trace de profusions de biens. Au contraire, c'est le désert et la pénurie partout.En dehors de la fiction, dans la réalité, le mouvement Occupy Wall street, un écho au mouvement des indignés européens est emblématique des changements qui s'opèrent dans le monde.Comme pour la Tunisie, l'Egypte aussi a connu sa révolte pour un monde meilleur, mais c'est ce que certains dramaturges égyptiens, à l'instar de Douairi, qui ont la chance d'être sélectionnés, refusent apparemment de voir. Le souci de ce dernier, ainsi que de l'équipe qui l'accompagne, réside dans le fait que la salle Es-Saada n'était pas équipée de la meilleure manière qui soit pour garantir un spectacle parfait. N'ayant rien remarqué, les spectateurs n'ont pas fait cas des excuses prononcées à la fin de la représentation concernant de supposés dérèglements techniques. Dans ce genre de théâtre de gesticulation, c'est le tape-à-l'?il de la forme qui prend le dessus sur le fond des choses.
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