Vahid Halilhodzic et Hervé Renard sont arrivés en Algérie à six mois d'intervalle. Le Bosnien pour s'occuper de la sélection nationale qui se faisait, quelques semaines plus tôt, les bretelles à Marrakech par les Lions de l'Atlas, coachés par le Belge Eric Gerets.
Le second a pris possession de la direction technique des Rouge et Noir de l'USMA, enquête d'une gloire perdue que les frères Haddad tentaient d'atteindre en injectant beaucoup d'argent et faisant appel à toutes les compétences en mesure de réussir ce pari. Les deux entraîneurs ont, comme le Belge Eric Gerets, côtoyé le football français, en y jouant dans son championnat ensuite en étant chargés des affaires techniques de clubs hexagonaux. Le longiligne attaquant et le sobre défenseur ont fait connaissance avec le continent noir dans des conditions presque identiques. Chacun a été appelé à la rescousse de sélections africaines à bout de souffle, écrasées par une adversité pesante. Halilhodzic a coaché les Eléphants de la Côte d'Ivoire, Renard a drivé la Zambie et l'Angola. «Blondinet» avait cet avantage d'avoir fait connaissance avec le football africain, en assurant le rôle d'adjoint d'un mercenaire, Claude Leroy, pour ne pas le nommer, qui a sillonné le continent trois décennies durant, avec plus ou moins de bonheur, avec les Lions indomptables et ceux de la Téranga. Leur histoire avec le football algérien n'est pourtant pas semblable. Elle est même singulière. Pour le Bosnien, viré par les Ivoiriens au soir d'un cauchemardesque quart de finale de la CAN-2010 perdu, à Cabinda, face aux Bougherra, Bouazza et autre Chaouchi, la mission à la tête des Mondialistes du monde arabe n'était pas si évidente, bien que l'escouade montée par Rabah Saâdane n'avait pas subi de profondes lézardes, malgré quelques petites rides apparues en fin de parcours. L'ancien sélectionneur de la dream team ivoirienne devait, cependant, expliquer au «peuple» algérien qu'il a trouvé un groupe affaibli en tous points de vue, qui n'avait plus faim et qui avait besoin d'un électrochoc pour réapprendre à construire ses succès. La même rengaine était chantée par Hervé Renard à son arrivée à Bologhine pour suppléer le limogeage de Noureddine Saâdi. L'affaire a été conclue en un tour de main. Annoncé du côté de Sétif, Renard apparaît, au grand jour, du côté de Soustara pour un pont d'or offert par les Haddad. Six mois plus tard, et une relégation évitée de très peu lors du dernier match de la saison à Bologhine face à l'USM Annaba, l'Aixois découvre la vérité et interpelle sa hiérarchie pour avoir plus de moyens, humains s'entend. Le mercato estival 2011 de la SSPA/USMA brise tous les tabous, fait cavalier seul. Pour quelque 30 milliards de centimes, les Haddad recrutent une quinzaine de joueurs bien cotés. Le stage en France (Centre Léonardo de Vinci, là où Coach Vahid compte emmener ses troupes pour préparer le match de Banjul) pendant le mois de Ramadan laisse entrevoir beaucoup de promesses. L'USMA est bien parée pour reprendre son cycle victorieux, relancer sa machine à gagner et écraser le résistant. La loi du football étant implacable, le champion des riches finit par traîner la patte et subir la foudre des pauvres. Renard sort de la forêt et reprend le chemin de la vallée des Chipopolos. Pendant ce temps, Halilhodzic tance l'opinion publique algérienne par ses contradictions à propos de la valeur réelle du footballeur algérien. Jamais la même chanson avec Cheikh Vahid. Tantôt émerveillé par Bouchouk, Bounedjah et le soldat inconnu, mais souvent écœuré par la qualité du travail accompli par ces mêmes joueurs (et leurs entraîneurs) en club, la «grosse pointure» promise par Mohamed Raouraoua ne semble pas trouver chaussures et chaussettes à ses pieds. Le début de cette année, celle de tous les virages (et les dangers) pour les Verts, Cheikh Vahid accuse le coup et tente une reculade. Des journaux spécialisés anticipent même une sortie par la petite porte de celui qui a signé un contrat-objectif (CAN-2013 et Mondial-2014) avec la FAF mais qui semble avoir mordu à l'hameçon des princes d'Arabie. Le chaudron de Banjul serait-il derrière cette peur bleue de celui qui était considéré comme la terreur des surfaces en France et à Mostar ' Perhaps ' Why not ' Une fournaise que Hervé Renard est allé rechercher aux fins fonds de la jungle en dévorant tout sur son passage lors de la CAN-2012. En novembre, il avait quitté l'USMA en lançant qu'il avait aimé l'aventure à Soustara. Ce soir, il rêve de contempler les cimes du continent en défiant les «pachydermes » de François Zahoui. Une Côte d'Ivoire que Cheikh Vahid n'a pu hisser au sommet malgré de gros moyens consentis par Jacques Anouma et l'Etat ivoirien. Zahoui, qui résonne la joie, veut refaire le coup du «pompier » Rabah Saâdane. Le Renard qui a bien de ressemblances avec le Fennec réussira- t-il à dompter l'éléphant ' «La Côte d'Ivoire sera champion ». Parole de corbeau…
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B
Source : www.lesoirdalgerie.com