Le régime de Bachar Al Assad et son allié le Hezbollah libanais ont pris hier aux rebelles la ville-clé de Qousseir dévastée par deux semaines de combats acharnés, remportant une importante victoire dans la guerre en Syrie.
Alors que les violences ont fait plus de 94 000 morts et poussé à la fuite 5 millions de personnes depuis mars 2011, l'ONU, les Etats-Unis et la Russie ont tenu à Genève une réunion préparatoire en vue de la conférence de paix internationale voulue par Washington et Moscou ' qui pourrait avoir lieu en juillet ' et en prévoient une seconde pour le 25 juin. Qousseir, située dans la province centrale de Homs près de la frontière du Liban, est stratégique, car elle relie notamment Damas au littoral et ouvre la voie au régime pour la prise totale de la ville de Homs.
Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a reconnu que le président syrien avait «marqué un point» avec la prise de cette ville. La télévision officielle a montré des images de soldats arborant leurs armes devant des bâtiments éventrés mais «libérés», comme la mairie et le centre culturel sur lequel ils ont hissé le drapeau syrien. La chaîne a également montré ce qu'elle a présenté comme «les repaires des terroristes où sont stockés des caisses d'armes et de charges explosives, ainsi qu'un lance-missile». L'armée a «pu nettoyer Qousseir des terroristes», a affirmé le commandement militaire, en prévenant que «les forces armées n'hésiteront pas à écraser les hommes armés dans chaque recoin du territoire».
A Beyrouth, la chaîne Al Manar du Hezbollah a parlé d'un «grand exploit». Aucun bilan précis des victimes n'a été donné. La Commission générale a parlé de «centaines» d'insurgés tués et le Hezbollah a déploré la mort de dizaines de ses combattants. Mais on ignore les pertes de l'armée ou des civils. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), de nombreux civils avaient quitté la ville bien avant le début de l'assaut. Le chef par intérim de la Coalition de l'opposition syrienne, George Sabra, a tenté de minimiser la prise de Qousseir, affirmant que l'opposition poursuivrait le combat contre le régime «jusqu'à la libération» du pays.
Les positions jusqu'au-boutistes des protagonistes rendent difficile l'organisation de la conférence de paix internationale. Le régime syrien a donné son accord de principe à cette conférence, tandis que l'opposition exige au préalable la démission du président Assad, l'arrêt des combats et le départ de Syrie de combattants de l'Iran et du Hezbollah. «Nous allons travailler de façon intense dans les prochaines semaines et nous nous rencontrerons à nouveau à Genève le 25 juin», a déclaré l'émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, au terme de la réunion préparatoire.
Pour M. Brahimi, cette conférence pourra se dérouler «espérons-le en juillet». L'objectif est d'amener «les parties syriennes, sans condition préalable, à examiner comment elles pourraient appliquer le communiqué» de Genève, adopté en 2012 par la première conférence internationale, a déclaré M. Brahimi. «Les parties syriennes ne sont pas prêtes, c'est le point délicat», a-t-il admis.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Watan
Source : www.elwatan.com