
Un charme qui se prolonge à perte de vue et que tout ici partage harmonieusement. De ces aventures fougueuses, les chemins qui descendent de Yakourène à la commune d'Akkerou et ses villages en illustrent toute la quintessence, tant les variations des reliefs et des panoramas vous font carrément téléporter d'une nature à son opposé. Ces routes mènent jusqu'à la mer. Elles se chargent, si l'on peut dire, de faire la jonction entre l'arrière-pays et Azzefoun, en passant par quelques villages, nichés ou surplombant une succession de massifs rocailleux, dont certains sont fortement boisés. Dès qu'on entame la descente à partir de l'embranchement de la RN12, situé à quelques encablures de la ville de Yakourène, l'asphalte grignote de la vaste chênaie un sillon en épingle à cheveu.Les conducteurs se doivent d'être vigilants. En effet, outre le fait que la largeur de la route se rétrécit à certains endroits, on risque aussi de ne pas voir les véhicules venant du sens opposé, notamment dans les virages aigus. La concentration est donc de mise. Heureusement, de longs paliers entrecoupés par de « softs » tournants permettent aux conducteurs de profiter des beaux paysages forestiers qui attirent souvent des familles le temps d'un pique-nique dans les clairières qui jouxtent la route. Là aussi, l'incivisme de certains visiteurs a fini par salir ce petit bout de paradis. Et pourtant, ce ne sont pas les plaques signalétiques et autres affiches invitant les hôtes de la forêt à ne pas déverser et laisser derrière leur passage les immondices de toute nature, qui manquent. Face à ces agressions, une association du village Ait Aissi, non loin de ces lieux, avait initié in situ une opération de nettoyage général. Cette Twiza (volontariat) a drainé des dizaines de jeunes et même des personnes âgées dudit village. Ils avaient traqué la saleté jusqu'au moindre mégot. Une action salutaire et une initiative louable qui pourrait inspirer d'autres citoyens. En dépassant le territoire du village Ait Aissi et si on prend la peine de jeter un regard lointain à l'horizon du côté nord, on distinguera facilement le bleu de la mer qui rivalise de splendeur avec le clair azur du firmament d'été.Cette vue magnifique est volée aux montagnes qui se croisent et décroisent au bon vouloir des oueds qui parcourent les bouts d'étroites vallées avant de venir mourir au contact de la grande bleue. En poursuivant à pousser le champignon, on atterrit à un autre croisement de chemins. A gauche on bifurque vers le village Hindou et à droite à Tifrit Ait El Hadj, chef-lieu de commune d'Akerrou, et néanmoins antre spirituel et cultuel. Son école coranique (Tamaâmart ou zaouia) diffuse et perpétue encore l'Islam de tolérence transmis de génération en génération suivant le rite malékite. Mais avant d'arriver au carrefour en question, le majestueux massif de Tamgout irrigue de sa fraîcheur tout l'immense bassin versant et ses dépendances qui plantent les magnifiques décors de ces contrées où la vie foisonne à satiété. Les vaches avancent ici en terrains conquis, sans se soucier du monde qui bouge. « Nous avons l'habitude de lâcher notre gros cheptel des semaines, voire des mois durant, à travers forêt. Il y broute une végétation saine », remarque Hocine, un habitant d'un village situé en amont de la commune d'Akkerou. Au passage de notre voiture, un troupeau de vaches, dont une porte autour du cou une cloche, occupe toute la largeur de la route. Dans des cas pareils, inutile de s'impatienter. La priorité sur ces routes est aux animaux. « C'est une affaire de quelques secondes ou tout au plus quelques minutes, avant qu'elles cèdent le passage. En attendant, il vaut mieux profiter du spectacle qu'offre la nature », conseille un vieil homme, monté sur un âne, en partance vers ses terres. Si certains troupeaux vaquent en toute liberté des semaines durant, d'autres en revanche sont étroitement surveillés par des chiens qui veillent à les guider au bercail sous l'?il vigilant du berger. L'élevage de caprins est aussi légion ici, à telle enseigne qu'on préfère généralement sa chair à celle du mouton. « De nombreux villageois d'ici sacrifient pour l'Aïd El Adha des caprins », renseigne un habitant de Tifrit.A Tifrit justement, juste au milieu d'un barrage des forces de sécurité, la route se scinde encore en deux. Celle d'en haut mène vers le village Almaguechtoum et ensuite vers Azzefoun, et celle de droite descend jusqu'aux derniers villages de la commune, en l'occurrence Almahllal, Ait Bouslimane et Agouni Mezayene. Au-delà, la route cesse à seulement quelques kilomètres du village côtier de Sidi Khlifa. Avant d'aboutir à ces trois villages où l'olivier et le caroubier prennent racine par dizaines, on traverse trois autres villages que sont Tigounatine, Tigrourine et Laqrar. Leur particularité, c'est qu'ils sont collés les uns aux autres. Ici nous sommes à el Arch (la tribu) d'Ait Flik. « Une fois, je me suis réveillé tôt le matin. Vers 5h30, j'ai pris ma voiture pour me rendre à un café à Tigounatine. Grande fut ma surprise en tombant lors du même trajet nez à nez avec quatre perdrix, deux mangoustes et trois chacals. J'étais vraiment chanceux », raconte un Algérois venu passer quelques jours de vacances dans la maison de ses grands- parents à Aït Bouslimane, un ancien village construit à l'origine sur une butte qui domine à vue tous les sentiers y menant, même ceux d'en haut.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amirouche Lebbal
Source : www.horizons-dz.com