Oran - Revue de Presse

Soutien à Ghaza: Marche empêchée et 21 interpellations



Avant treize heures de l'après-midi, le dispositif sécuritaire, mobilisé pour empêcher la tenue de la marche à laquelle ont appelé cinq syndicats autonomes, s'est mis en place. Plusieurs fourgons de la police antiémeute ont pris position aux alentours de l'Esplanade du 1er Novembre. Le rassemblement a eu du mal à se constituer parce que les éléments des forces de l'ordre, présents en nombre impressionnant, ont bouclé l'accès à l'esplanade. Ce qui n'a pas empêché quelques groupes d'étudiants de se glisser et de se joindre aux militants des syndicats, notamment des enseignants et du personnel médical, qui parlementaient avec des officiers de la police. Rachid Malaoui, SG du SNAPAP, a été emmené bien avant que les syndicalistes commencent à scander des mots d'ordre en faveur de Ghaza. Les manifestants, brandissant des écriteaux, ont commencé à donner de la voix et à marcher sur l'esplanade. Contrairement à la semaine dernière, les marcheurs d'hier ont eu juste le temps de faire un tour. Sentant que les groupes restés, contenus en dehors de la place, étaient tentés de rejoindre la marche, les policiers, en nombre, sont arrivés à détacher un groupe d'étudiantes très virulentes. Des jeunes étudiantes ont été physiquement et verbalement malmenées par certains éléments des forces de l'ordre. Dans la foulée, deux étudiants et un adulte ont été ramassés et emmenés par des policiers. Après les interpellations et l'éclatement du regroupement, des syndicalistes et notamment des représentants des ligues des droits de l'Homme venus de Tlemcen sont restés sur place, espérant la libération de leurs camarades. On retiendra que pas moins de vingt personnes ont été embarquées et se sont retrouvées jusque vers la fin de l'après-midi au commissariat du Front de mer. Selon les dernières informations recueillies par téléphone, on procède à leur écoute. Le premier à être interrogé est Kaddour Chouicha, représentant du CNES à l'Université de l'USTO. Parmi les personnes qui ont été interpellées, on relève un militant du CNAPEST, enseignant de maths dans un lycée. On nous signale aussi un étudiant palestinien résidant à Oran. Lors du regroupement, ce dernier a rappelé aux policiers qui ont essayé d'empêcher le regroupement, que « même en Israël, il y a eu des manifestations de condamnation du génocide de Ghaza ».

On nous affirme que ce garçon qui était « démonté » vient de perdre des membres de sa famille dans un raid israélien à Ghaza. On nous affirme qu'au moins deux étudiants se trouvent parmi les personnes arrêtées. Au total, ils sont vingt et une personnes.

Concernant les mots d'ordre qui ont été scandés par les manifestants, tous condamnent et pointent un doigt accusateur à l'endroit du « silence des régimes arabes ». C'est juste au moment où les forces de l'ordre ont commencé à bousculer la foule que d'autres manifestants ont commencé à scander des slogans religieux. Du côté des badauds, restés un peu en retrait parce qu'on les a convaincus qu'il s'agit d'un regroupement exclusivement des universitaires, ils ont tous désapprouvés le déploiement impressionnant des forces de l'ordre. D'un autre côté, on nous affirme que l'autre Branche du CNES a organisé hier matin une marche au sein de l'enceinte de l'université de l'USTO. Ce qui n'a pas manqué d'entamer la mobilisation du corps enseignant. Aussi, on nous affirme que depuis la veille, les services de sécurité, en mobilisant des réseaux parallèles, ont essayé de dissuader les syndicalistes initiateurs de la marche de renoncer à leur entreprise. On estime que le parcours proposé dans la demande d'autorisation, passant notamment devant le consulat d'Espagne pour aboutir devant celui de la France, n'est pas étranger à l'attitude intransigeante des forces de l'ordre. Dès le départ, les organisateurs n'étaient pas rassurés quant à l'issue de leur marche. Selon les dernières informations qui nous sont parvenues, la vingtaine de personnes qui ont été emmenées risquent de passer la nuit dans les locaux du commissariat. L'un d'entre d'eux souffrant de maladies chroniques, notamment le diabète, manque de médicaments. En fin d'après-midi, une dizaine ont été relachées, notamment des étudiants.


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