Oran - Revue de Presse

Souk-Ahras Les petites misères d'une cité



Intimement convaincus que pour être entendus et exaucés si possible, il suffit de porter leurs doléances sur la place publique, des citoyens recourent quasi mécaniquement aux pétitions pour faire aboutir leurs revendications. Et c'est tant mieux pour eux, nous avons envie d'écrire, car en face, les pouvoirs publics réagissent, en règle générale, plutôt bien, à cette forme de communication épistolaire. Mus par l'efficacité de cette procédure, les habitants de la relativement nouvelle cité des 440 logts recensent, au détour d'une pétition signée, tous les motifs contraignants qui enveniment leur quotidien. Leurs maux se déclinent sous l'aspect difforme d'un mur de soutènement qui menace dangereusement de s'effondrer en emportant dans sa chute, à Dieu ne plaise, quelques innocentes âmes, une colonne montante trouée de quoi favoriser l'infiltration de quantités considérables d'eau à l'intérieur même des soubassements des immeubles, la constitution combien préjudiciable d'eau dormante, condensée d'impuretés et de puanteurs, qui finissent par se transformer en fief attitré de tous les insectes. Le tableau qui n'a rien d'idyllique vire carrément à l'apocalypse quand on apprend que la cité des 440 est privée, depuis son peuplement en l'an 2000, d'éclairage public.. Un scénario pervers, qui consacre la prééminence des destins obscurs et décuple les sentiments de détresse qui hantent la collectivité. Un bel esprit n'en pensait pas moins quand, pour traduire une situation certainement identique, il a dit : «la douleur est pire dans le noir, car on ne peut poser les yeux sur rien». L'absence d'espaces verts à l'intérieur de la cité figure au rang des besoins, aux yeux des plaignants, mais cela ne passe-t-il pas, pour être un caprice par rapport aux autres urgences, comme par exemple, l'indisponibilité endémique de moyens de transport assurant la liaison de la cité avec d'autres destinations ? Hormis, en effet, le passage éclair de fourgons généralement bondés de monde, venant de la populeuse cité des 1.700 logts et qui ne s'arrêtent que rarement, faut-il le signaler, pour déposer quelques usagers, il n'existe point d'autre alternative aux habitants de la cité des 440 logts pour rejoindre leur lieu de travail ou les bancs de l'école. Les pétitionnaires affirment avoir plus d'une fois attiré l'attention des responsables de la direction des Transports en vue d'un éventuel règlement de ce sérieux problème, mais sans succès. Le huis clos décrété a encore de beaux et longs jours devant lui. Et ce sont des centaines de citoyens qui essuieront les plâtres faute de bonne volonté. Car il suffit, s'agissant de ce volet, de mettre en place une aire de stationnement et d'y affecter une bonne dizaine de transporteurs, surtout qu'il y a un excédent sur les autres lignes, pour soulager celle des 440. Plus loin et sur un autre plan, les pétitionnaires s'élèvent d'ores et déjà contre le projet de réalisation d'un centre pour chômeurs qui nécessite l'érection d'un mur de soutènement dont l'inconvénient majeur et non des moindres, est d'obstruer l'entrée à la cité, devenant ce faisant, inaccessible, ce qui serait de nature à condamner les locataires à une autarcie forcée. Une manière spartiate, il faut le reconnaître, de porter définitivement l'estocade de la déchéance à une population qui ne mérite pas tant de sévices. Ceci dit, l'espoir de voir les décideurs réagir dans le bon sens anime les rédacteurs de la doléance qui maintiennent une confiance intacte dans les gestionnaires de la wilaya qui se sont déjà illustrés par le passé, en prenant bien en charge certaines souffrances citoyennes, même si le chapelet des contraintes n'en finit toujours pas de déployer la procession de grains..
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