Les cours de soutien scolaire, mis au goût du jour par les services duministère de l'Education nationale, ne constituent pas, à proprement parler,une première à Souk-Ahras. Nous tenons cette affirmation du premier responsabledu secteur de la wilaya, M. Bennader Salim qui précise qu'un tel procédé a déjàété expérimenté à Souk-Ahras, il y a de cela deux ans déjà avec à la clé desrésultats plus qu'encourageants. Surfant sur une vague d'optimisme, notreinterlocuteur s'appuie sur des chiffres pour donner du crédit à ses propos :«En deux ans, les performances de nos potaches au Bac se sont nettementaméliorées atteignant un taux de réussite de 56 % après avoir à un moment donnéstagné dans les profondeurs. Moi, je lie, sans hésiter un seul instant, ce bondquantitatif au renforcement pédagogique mis en place et qui a eu l'effetescompté sur nos élèves. D'ailleurs, j'ambitionne en juin prochain d'obtenir 60% de reçus et classer notre wilaya parmi les cinq premières. C'est un objectifréaliste et tout à fait dans nos cordes. «La wilaya qui a consacré 01 millionde dinars à cette opération élargie à cette occasion au cycle primaire, apporteson obole dans le souci de lui garantir toutes les chances de réussite. Initié,entre autres, pour servir de contrepoids aux cours particuliers dispensés dansbien de cas, loin de toute orthodoxie pédagogique, le soutien scolaire tel quepensé par les pouvoirs publics n'est pas pour autant la panacée. Loin s'en fautd'ailleurs... Car, si côté jardin, le champ de vison est, on ne peut mieux,limpide, côté cour, en revanche, l'initiative ministérielle souffre moult incohérences.Au premier rang desquelles figure le mauvais choix du timing. Plusieurspédagogues n'ont pas omis à cette occasion de stigmatiser le tort causé auxélèves, privés en la circonstance, de vacances et donc soumis à un rythme detravail intellectuel qui dépasse leurs capacités et qui a de fortes chances deprovoquer l'effet boomerang. En outre, certains PES se sont démarqués de cetteopération estimant qu'elle n'apporte pas de vraies solutions et qu'elleconstitue une forme de replâtrage davantage qu'autre chose. D'autres mettent enavant la faible rémunération accordée à l'enseignant du secondaire quin'atteint même pas les 200 DA l'heure pour bouder l'oeuvre utile.Le mécontentement n'est d'ailleurs pas le seul apanage des lycées,plusieurs instituteurs ont carrément fait l'impasse sur les cours d'appui, cequi a fait désordre dans l'esprit des parents qui n'ont toujours pas comprisque des élèves d'un même niveau (5ème primaire et 6ème fondamentale),s'apprêtant de surcroît à subir un examen à la fin de l'année scolaire, nebénéficient pas des mêmes chances de réussite sachant que des écoles primairesont dispensé des séances de renforcement pédagogique à leurs pensionnaires,alors que d'autres sont restées closes. Le sacro-saint credo de l'école publiqueobjectivant l'égalité des chances aura ainsi volé en éclat à Souk-Ahras, par lafaute soit de la direction de l'Education qui n'aurait pas su se montrerintransigeante, soit celle du personnel enseignant rebelle qui ne se serait passoumis de bonne grâce à l'édit ministériel. A moins que cela ne soit la fautedes deux et ce serait là le pire de scénarios à envisager...
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Gatouchi
Source : www.lequotidien-oran.com