Oran - Revue de Presse

Souk Ahras Boudjemâa tire sa révérence



Au terme de septdécennies presque sonnantes, dont plus de la moitié consacrée à l'actionmilitante, Lakhdar Doghmane, «Boudjemâa» à l'état civil, né le 09 mars 1938, atiré, samedi aux premières heures de la journée, sa révérence. Pour toujours.Figure de proueincontestable du FLN où il était membre du comité central, maire de la ville deSouk Ahras de 1971, député de 1982 à 1987, sous la bannière de son parti detoujours, feu Doghmane faisait partie de ceux dont on dit souvent qu'ils sontdes hommes à poigne, comme il en existe rarement de nos jours. Le verbetoujours haut, tellement haut qu'il lui conférait un air faussement hautain,Doghmane était tranchant. Avec lui, c'était soit noir, soit blanc... Lesdemi-mesures, ce n'était pas sa tasse de thé. Ses prises de positionpéremptoires lui valurent d'ailleurs l'inimitié de certains, du temps où sapetite papeterie, qui existe toujours à l'avenue de l'ALN, était considérée, àtort ou à raison, comme un incontournable centre de décision. Mais l'hommeétait ainsi forgé qu'il disait ce qu'il pensait en continuant, ensuite, sonbonhomme de chemin sans se soucier outre mesure, des bavardages de concierges.Fidèle parmi lesfidèles, il témoigna une allégeance sans faille à son parti de toujours, même àses heures les plus sombres, au début des années 1990. Au moment, en effet, oùbeaucoup trouvaient intelligent de se renier en tournant allègrement casaque,allant trouver fortune dans d'autres formations politiques qui affichaient unevirginité au plan comptable vis-à-vis de l'Histoire, lui se faisait plaisir àafficher publiquement et non sans fierté son appartenance à l'ex-parti unique.Il faut direqu'il puisait les sources de son attachement au parti historique de sonengagement militaire pour la cause nationale qui le vit, à 20 ans à peine,traverser la frontière Est du pays pour rejoindre d'autres lignées de héros enTunisie où il eut l'insigne honneur de côtoyer d'illustres figures, à l'imagede Mehri, Boussouf, rappelle son fils, Kamel...La réconciliationnationale était son dernier cheval de bataille. Il défendait cette option becet ongles et promettait de faire davantage, surtout que sa stature et soningéniosité faisaient de lui une référence toute indiquée...Mais sa doublemaladie avec laquelle il était en délicatesse ces dernières années, en décidaautrement... Un arrêt du rythme cardiaque, impromptu, mit fin aux dernièresillusions. Ce fut à 5h du matin. L'heure des braves, certainement.
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