
Oran a vieilli ! Elle a mal vieilli, cette jolie femme ! Une femme ou une ville ' Et je suis triste. Elle était perle, cette ville ou ce poème ! Coquette et musique! Une ville en âme et en ardeurs. Plutôt, une averse en couleurs de séduction. La tentation, c'est une ville. Oran est la pomme de la tentation. Au commencement, Oran était un conte, puis une femme, puis une chanson, puis une transe ! Puis rien ! Un mensonge ! Un mur sans ombre ! Une guitare muette qui a perdu la main de son maître ! Et je suis triste. Oran était toujours la cité anticonformiste. Rebelle. Sauvagement belle ! En fête permanente ! Ravissante. Jadis, elle ne dormait jamais ! Elle débordait. Elle illuminait. Elle s'illuminait. Mais Oran d'aujourd'hui, a mal vieilli. C'est dramatique. Dans l'angle de la rue, un Oranais abattu regarde le vieux théâtre. Ce bâtiment colonial, âgé de plus d'un siècle a été construit en 1907 pour accueillir les trente mille Européens. Aujourd'hui Oran est une ville de quatre millions. Et l'Oranais regarde son ombre. Touche l'âme de son larme. Savez-vous écouter les pleurs d'une ville ' Donc, écoutez les gémissements d'Oran ! Jadis, Oran brisait, se brisait, cassait, se cassait ! Oran dérangeait le carcan de la routine. En continuité, elle donnait libre cours à ses ailes en soie. Le papillon aux mille couleurs. Le conte qui se noue et se dénoue! Je suis triste parce qu'Oran n'a pas vieilli à l'image d'une race de vin noble. Oran, dans tous les répertoires des imaginaires, symbolise : la vie. Dans toutes les encyclopédies et les carnets des voyageurs, elle incarne l'amour. Et l'Oranais, signifie : l'aventurier, disent les livres et les chansons qui ne mentent jamais. Qui ne meurent jamais ! Ville de Sidi el Houari, d'Ibn Mahrez maître du livre 'El Manamates" ( les songes), d'Ibn Merième maître du livre 'Al Boustane" ( le jardin), de Camus, des Alloula ( Abdelkader et son frère Malek), de Tayeb Arab, de Hankour, de Ceriza l'Oranaise, de Rénette, de cheikh Mehdi El Bouabdelli , de Remiti, de Wahbi, de Blaoui, de Sayem El Hadj, de Hasseni (Julio l'Oranais), de Ammar Yezli, de Ammar Bellahcen.... D'Yves Saint Laurent... À Oran nul n'est étranger ! Tout le monde est chez lui. Mais, aujourd'hui, Oran nous a trahis! Plutôt, c'est nous qui l'avons trahie ' Elle a mis de l'eau dans notre vin de vie! Plutôt, c'est nous qui avons trompé son vin de bonheur ' Ceux qui, par un jour, l'ont racontée ou rencontrée: Léon l'Africain, Ibn Batouta, Ibn Marième, Ibn Joubeire, Nizar Kabbani, Saâdi Youssef et... pleure ses rues, sa mer et ses femmes. Oran a vieilli ! Enfant que j'étais, sur le magique boulevard 'Front de mer", j'espérais qu'elle vieillisse comme une belle chanson. Mais Oran a mal vieilli ! Nous l'avons énormément fatiguée. Les lions ont pris les rides ! Certes, Oran a vieilli. Mais Oran, ne 'donnera" jamais le dos à la mer !
A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amine ZAOUI
Source : www.liberte-algerie.com