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...SOUFFLES...On n'a pas de poésie sur l'Aïd !



...SOUFFLES...On n'a pas de poésie sur l'Aïd !
L'Aïd ' Depuis Al-Mutanabbi (915-965), il y a de cela dix siècles, un peu plus, les Arabes n'ont pas pondu un seul poème, un seul beau poème célébrant l'Aïd ! Et quand la poésie fait l'absente dans les moments supposés de bonheur, cela signifie une défaillance, une anomalie intellectuelle et religieuse.J'attends l'Aïd, dit un Algérien, demain ou après demain, peu importe ! Les gens ne se retournent plus vers le ciel pour guetter le croissant de l'Aïd. Ils regardent le fond de leurs poches et les chaînes satellitaires orientales avec leurs feuilletons froissés. En cet Aïd musulman, il y a moins d'arôme de gâteaux et beaucoup de sang. Moins de musique et beaucoup de pleurs.
La nuit du doute qui faisait le début de la fête, celle qui avait son odorat, n'est qu'une nuit caniculaire et humide d'un été africain ! En cette nuit dite du doute, on doute de tout et on oublie l'Aïd qui tombera du ciel, le lendemain !
L'Aïd d'autrefois n'avait rien de malentendu autour de la Zakat. En ces jours de l'Aïd contemporain, même la zakat déclenche des guerres dans les maisons d'Allah !
Tout est devenu polémique dans la religion. Tout s'est transformé en conflit. Jadis, l'Aïd était la source de la clémence, de la bienfaisance, de l'amour, du henné. Un havre de bonheur. En cet Aïd de ces jours musulmans, le bonheur recule dans la terre d'Islam pour laisser place à la haine et aux tueries. L'Aïd était pour le pardon. On efface les rancunes et on ouvre une page blanche. Aujourd'hui, on dirait qu'il n'y a plus de page blanche !
On cet Aïd, on constate que le bonheur est devenu rare dans les rues, sur les visages, dans la langue, dans les messages standards et standardisés envoyés des téléphones portables contrefaits ! Tout est faux ou presque ! Sommes-nous en jour de deuil ou d'allégresse '
Depuis que la politique s'est installée confortablement dans la religion, l'Aïd a été pollué. La politique chasse le bonheur prétendu dans les fêtes religieuses. En cet Aïd, autour de nous s'est répandue une couche de souffrance généralisée. Toutes les couleurs de la souffrance. La religion de nos parents était chanson et gaieté. Aujourd'hui, cette même religion pleut la guerre ! Crachine la haine. Beaucoup de sang est déversé au nom de la religion. Les gens fêtent la mort. On ne vit pas la vie. La chaleur de la vie recule devant l'odeur de la mort et la senteur de la haine.
La religion d'aujourd'hui, celle souillée dans la politique, dans l'argent, comme ses fêtes, n'a plus l'énergie de rassembler, ne porte plus le sens de vivre ensemble. Elle divise. Elle sème la haine sur cette belle terre. Les musulmans qui excellaient dans l'art de la fête à Bagdad, à Damas, à Grenade, à Kairouan à... ont rangé leurs instruments de musique en les remplaçant par les armes. Ont classé la belle lecture du Coran pour la troquer contre des prêches haineux et injurieux.
Et quand la vie est amère, le sang est versé, l'Aïd n'est que chimère. La belle littérature se tait. Et depuis Al-Mutanabbi, il y a de cela dix siècles, un peu plus, les Arabes n'ont pas pondu un seul poème, un seul beau poème sur l'Aïd ! Et c'est triste !
A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr
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