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SON CRÂNE SE TROUVE AU MUSÉE DE L'HOMME à PARIS



SON CRÂNE SE TROUVE AU MUSÉE DE L'HOMME à PARIS
A l'occasion du 117e anniversaire de l'assassinat du chahid Mohamed Ould-Ali, l'association culturelle «Mohamed Ould-Ali», fraîchement créée, a commémoré pour la première le 3 octobre 1900 date de l'assassinat de l'un des grands combattants de la région du Sud oranais, en l'occurrence le chahid Mohamed Ould-Ali.En la circonstance, une conférence-débat a été animée par le Pr Aïssa Rouchem, dans l'enceinte de l'annexe de la maison de la culture Beghdadi-Belkacem de Aïn-Séfra. Dans ce contexte, le conférencier a évoqué les grandes et longues batailles menées contre le colonialisme, du fait que c'étaient des combats menés à l'instar de ceux des insurrections des Ouled-Sid-Cheikh et Cheikh Bouamama dès les premiers pas du colonialisme.
Qui est, donc, le chahid Mohamed Ould-Ali ' II est né en 1825, descendant de la tribu des Ouled Abdallah. Ce grand chef combattant a mené de grandes batailles face aux légionnaires qui les a fait repousser à chaque projet de tentative d'avancée et de pénétration sur le sol du Sud-Ouest. On cite les batailles successives : la bataille de Serdj, de Oued-Halouf, Bachou, Lamguitif, Laghrouta, la bataille sanglante de Djeniène (c'était le 1er février 1900, inauguration de la première arrivée du train à Djeniène-Bourezg).
Surnommé le lion du djebel Béni-Smir (montagne située entre le barrage et la frontière algéro-marocaine, culminant à 2 300 mètres d'altitude), il refusa toute domination à la France qui s'était vu obligée de rassembler presque toutes les tribus de la région pour aller le combattre. Il a résisté avec également le soutien de sa fille qui lui chargeait les fusils.
D'ailleurs, les tribus des Aâmours n'ont jamais accepté l'occupation française et n'ont jamais été sous les ordres des caïds et des bachaghas que les Français plaçaient comme leurs serviteurs, ils se sont réfugiés dans les hauteurs des djebels. Mohamed Ould-Ali était le chef de sa tribu, les Ouled Abdallah et d'autres tribus qui ont rejoint ses rangs sur les massifs du Beni Smir et son prolongement vers les monts de Mekter, Mzi, Mir-Jbal, Morghad, Djebel Melh, etc. Le djebel Beni Smir a été choisi pour deux raisons principales : il est à proximité de la frontière marocaine (qui était encore très mal définie à l'époque) et de Figuig ; et les caractéristiques particulières des sommets abruptes de ce djebel dont les cimes se présentent comme une véritable muraille et lui donnent l'aspect d'une forteresse construite par la nature. Le Beni Smir était le bastion le plus important de la résistance armée de tous les monts des Ksour. L'histoire des combattants du Beni Smir est grandiose. Nous ne savons que peu de choses de certains historiens. L'armée française a tout fait pour minimiser et même occulter toutes les opérations militaires et manœuvres, mais les mouvements insurrectionnels successifs et continus qui ont commencé depuis 1881 ont fait perdre à la France plusieurs années dans leurs projets de pénétration et d'occupation du Sahara algérien, et d'autres pays d'Afrique. D'ailleurs, plusieurs troupes de Cheikh Bouamama ont rejoint les combattants de Béni Smir, formées des aârchs des Medabih, des Ouled Si-Tadj et des Hmiyane.
Au début du mois de novembre 1881, une grande manœuvre est organisée contre le djebel Beni Smir par le général Delabecque où un grand chef de la tribu des Aâmours qui s'appelle Slimane Ould-Belkacem est tué dans une embuscade. Les militaires français qui étaient dépêchés à chaque combat, le colonel Billet, les commandants en chef des troupes, Partman, Rusé, Brossort, Martin, Berriau, Risbourg”?
Le lieutenant O. de Bourdonnaye, dans ses souvenirs de guerre, raconte, avec beaucoup d'admiration, le dernier combat de Mohamed Ould-Ali. «II faut leur rendre (combattants) cette justice. Doués d'une énergie féroce et d'un réel courage, ils ne redoutent pas la lutte et trouvent à la fumée de la poudre un parfum de victoire. Comme tout ce qui est brave, ils ont quelque chose d'effrayant, vaincus, ils ont droit à l'hommage du vainqueur. II y a quelques années l'autorité militaire résolut de châtier la région de Beni Smir et en particulier d'y poursuivre un certain Mohammed Ould-Ali, l'agitateur du pays. Un soir (c'était l'automne), quelques centaines de goumiers s'acheminèrent sous une pluie battante, les uns à pied, les autres à cheval, marchant en file pour ne pas s'égarer. Les fusils portés en travers, sous les plis ondulés des burnous ; donnant aux hommes des airs de fantèmes dont la blancheur ne se devinait pas dans la nuit noire, que lorsqu'on les cètoyait.
La malchance leur fit rencontrer un oued démesuré. On eût dit que le ciel prenait en main la cause de Beni Smir. La petite troupe dut attendre l'aurore pour franchir les eaux. Elle fut quelque peu éventée avant d'atteindre les montagnes. On trouva le vieux brigand en son repaire avec ses fils ; il avait laissé fuir le reste de sa famille et ses gens, tenant à défendre lui-même son dernier fossé. Ses fils lui chargeaient les fusils et les lui passaient. Le vieux seul tirait et chaque coup porté. Cet homme vécut son agonie sous le feu, elle fut terrible et grandiose. Quiconque, quelques heures après ce court combat, put voir la tête du bandit dans le sac de cuir d'un goumier, les yeux à peine fermés, la bouche encore souillée d'écume, fut forcé d'admirer, malgré lui, la fierté sauvage d'un chef cruel qui, la veille encore, tranchait la tête de ses prisonniers.» Extrait de souvenirs de guerre de O. Bourdonnaye.
II fut assassiné, alors, le 3 octobre 1900, sa tête tranchée fut exposée sur la place de Aïn-Séfra, pour mettre fin à toute idée de résistance et de rébellion. Selon certains, son crâne a été transféré en France et se trouve parmi les crânes dont l'Algérie ne cesse de demander à la France leur restitution, alors que plusieurs associations demandent la restitution des 37 crânes d'Algériens, datant de la moitié du XIXe siècle, entreposés dans des cartons spéciaux dans les réserves du Musée de l'homme à Paris. L'Etat algérien n'a pas formulé de requête pour leur rapatriement. A l'indépendance, la première école construite fut baptisée en son nom, alors qu'une association à caractère éducatif, social, culturel vient d'être agréée en son nom. Sa généalogie, Mohamed Ould- Ali, Ould-Mébarek, Ould-Saâd, Ould-Abbou Lakehal, jusqu'à leur ancêtre Abdallah. Enfin, beaucoup de grands chefs, authentiques moujahidine, demeurent anonymes. Faut-il revoir l'histoire coloniale depuis 1830 '
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