
Par Malika Boussouf[email protected]/* */Il est des jours comme ça où à force de faire croire que l'on maîtrise la situation, les choses les plus inattendues peuvent surgir de là où l'on s'y attend le moins. Des revendications légitimes se sont exprimées de façon plutôt violente il y a quelques jours à Béjaà'a, par exemple. On craint toujours le pire quand la colère gronde et gagne un quartier, une ville ou un village.Les révoltes qu'ont connues certains pays voisins ou du Moyen-Orient au cours de ces dernières années ont donné la preuve que le calme ne revenait jamais avant d'avoir enregistré son lot de victimes.L'Algérie n'a pas besoin de martyrs supplémentaires. Elle n'a pas besoin de prendre feu pour se faire entendre parce que, pour peu qu'on les mette en pratique, elle dispose de méthodes appropriées pour venir à bout des conflits socioéconomiques qui l'agitent régulièrement. On peut s'étonner qu'un chef de gouvernement qui invite à consommer des oranges locales, à 100 DA, les moins chères, plutôt qu'un fruit importé, n'ait pas trouvé mieux pour calmer les esprits échauffés par les mesures d'austérité imposées depuis quelques mois et qui sanctionnent les plus démunis. Ceux qui devraient inquiéter en premier lieu parce que ce sont eux qui pourraient ne plus avoir envie d'en déguster davantage. Il est surprenant que l'on ne puisse pas, en haut lieu, apporter de réponse réconfortante aux inquiétudes des citoyens. Comment peut-il en être autrement quand on sait par quelles grosses légumes — le jeu de mots est approprié — est détenu le monopole de l'importation ' On doute fort que la crise sanctionne les cercles qui gravitent à la périphérie du pouvoir.Quand le cours du baril de pétrole est à la hausse, il profite à ces groupes d'intérêts et quand il chute, on répercute le manque à gagner sur le consommateur.Voilà pourquoi beaucoup d'Algériens ne se bercent plus d'illusions et n'écoutent les interventions officielles que pour mieux en démonter le contenu. Quand on pense qu'en haut lieu, on estime, à propos des oranges, qu'elles peuvent apaiser la faim du citoyen lambda, on se dit que peut-être l'on n'a pas encore tout vu.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M ”ˆB ”ˆ
Source : www.lesoirdalgerie.com