La nuit de mercredi dernier a connu l'alliance pittoresque de deux genres musicaux bien dissemblables mais dont les histoires se sont croisées maintes fois : le flamenco et l'andalou.
Initiée par l'IDRH et le Cervantès d'Oran, c'est dans une cour en plein air que la rencontre a eu lieu, qui a vu le concours de l'association «Nassim El Andalous», de la chanteuse Lila Borsali, de l'artiste flamenco Jagoba Santos et du jeune guitariste oranais Yacine Bouha. Après seulement deux jours de travail, le musicien est arrivé à convertir son jeu pour faire retentir les notes andalouses avec les techniques flamenco qui lui sont propres et ceci, en totale harmonie avec le groupe. Et en quelque occasion, il offrait même au public la jouissance suprême de partir dans des improvisations purement flamenco avec les rythmes qu'on lui connaît, gratifiant ainsi d'anciennes compositions andalouses, restées inchangées, de nouvelles couleurs.
«Le plus dur c'était les gammes et le rythme, car ils diffèrent de ceux qu'on connaît du flamenco. L'Andalousie a enfanté le flamenco il y a 3 siècles, ce qui fait de cette rencontre avec la musique andalouse un retour aux sources», déclarera Santos. Cette prestation, qui comprenait des poèmes et un «m'dih» dans le mode «raml maya» avec des variations dans le mode «ziden», n'aura compris qu'un enchaînement de «insirafat» et de «mkhales» de la nouba «Raml Maya», qui sont des rythmes joués habituellement à la fin de la «Nouba» et qui se caractérisent par le rythme le plus rapide, cette approche avait dans l'intention d'éviter d'ennuyer un jeune public moins averti ainsi que de se rapprocher le mieux du rythme du flamenco qui peut aller jusqu'à 12 temps.
C'est une rencontre annuelle que Javier Galván, le directeur de l'ICO, a tenté de créer avec des concerts didactiques qui feront rencontrer des artistes andalous et des musiciens du flamenco. Il expliquera : «Nous avons entamé ce projet l'année passée avec le même guitariste, et nous comptons, si la crise n'affecte pas ce projet, de recommencer chaque année au même lieu des rencontres comme celle-ci». Le président de l'association «Nassim el andalous», Dr Amine Dali Youcef, ne manquera pas de s'exprimer pendant son discours sur les fabuleux poèmes interprétés dans la musique andalouse tels que «el mouacheh» et «el zejel», «el kasida», offrant ainsi un fabuleux Darss à son audience. Avec un public qui a été au rendez-vous, il y avait tant de personnes que beaucoup ont dû rester debout, ce qui n'a gâché en rien l'appréciation de ce spectacle, qui aura réuni de nombreux fans fidèles à l'évènement et de nouveaux venus, tous aux goûts très hétéroclites, et ceci, dans une ambiance bon enfant.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amira Yahiouche
Source : www.elwatan.com