
Le Premier ministre Alenka Bratusek, au pouvoir depuis 13 mois en Slovénie, a perdu avant-hier la présidence de son parti, ce qui pourrait entraîner une nouvelle crise politique dans ce petit pays de la zone euro à l'économie convalescente.Mme Bratusek, 44 ans, a été battue lors d'un vote du congrès de son parti de centre gauche Slovénie Positive (PS) dans la nuit de vendredi à samedi. Zoran Jankovic, fondateur du PS et maire de Ljubljana, l'a emporté par 422 contre 338 voix.Avant le vote au château de Brdo, au nord de Ljubljana, Mme Bratusek avait annoncé qu'elle démissionnerait de son poste de Premier ministre si elle perdait le soutien de sa formation.Sans le soutien de mon propre parti, je ne peux plus être le chef du gouvernement, je ne serais plus sur un pied d'égalité avec les autres partis de la coalition gouvernementale, avait lancé Mme Bratusek, visiblement émue.Un député proche du Premier ministre, Peter Vilfan, a dit que Mme Bratusek devait maintenant prendre quelques jours pour réfléchir avant de faire connaître sa décision la semaine prochaine, probablement demain.Le bureau du président slovène Borut Pahor a annoncé sur Twitter que M. Pahor recevrait Mme Bratusek mardi.Les trois partis qui sont en coalition avec le PS ont tous déclaré que le gouvernement actuel ne pouvait pas se maintenir et que des élections législatives anticipées devraient être convoquées sans délai, une analyse qui a également été exprimée dans l'opposition. Cette coalition a cessé d'exister, a ainsi déclaré à des journalistes Igor Luksic, leader des Sociaux-démocrates (SD), l'un des partis au pouvoir. Des élections anticipées sont le seul moyen de résoudre cette crise politique, a estimé Karl Erjavec, chef du Parti des retraités (DeSUS), également membre de la coalition.Pour sa part, M. Jankovic, qui s'est montré très critique envers la politique du gouvernement, à qui il a notamment reproché de ne pas investir suffisamment dans de grands projets, a déclaré qu'il aimerait que Mme Bratusek reste en poste.Il l'a appelée à ne pas prendre de décision immédiatement, déclarant que le week-end lui offrait une chance de réflexion. Tant que nous restons unis, nous pouvons être une force d'espoir pour la Slovénie, a-t-il dit.Un des partenaires de coalition du PS, la Liste des citoyens (DL, libéral), a indiqué samedi dans un communiqué qu'il voulait un accord sur des élections anticipées dès que possible.Vainqueur des élections législatives anticipées de décembre 2011, M. Jankovic n'était pas parvenu à former une coalition gouvernementale et avait laissé son rival conservateur Janez Jansa devenir Premier ministre.La Commission de lutte contre la corruption avait épinglé en janvier 2013 les deux responsables politiques, notamment pour des irrégularités dans leurs déclarations de patrimoine au fisc, des accusations qu'ils rejettent.Mme Bratusek avait par la suite mené une coalition de quatre partis pour évincer Janez Jansa du pouvoir.Ancien élève modèle de la zone euro, la Slovénie, une ancienne république yougoslave, a évité de justesse le recours à une aide financière européenne après avoir réussi en décembre à recapitaliser ses trois principales banques publiques, qui croulaient sous les mauvaises créances, et à mettre en place une bad bank, structure de défaisance pour parquer les actifs toxiques.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ikram A
Source : www.lemaghrebdz.com