Lieu symbolique, le siège de la mouhafadha d'Oran est occupé par quelques personnes qui se sont introduites, il y a une semaine, et qui, une fois à l'intérieur, ont fermé la porte et bloqué les activités du parti.
Cette mouhafadha était, jusque-là, dirigée par Mustapha Abid en sa qualité de commissaire du parti, malgré quelques protestations restées sans suite. Cette action est sans doute menée par des dirigeants rivaux locaux qui n'osent pas s'afficher ouvertement, le but étant de déloger l'ancien député qui s'est imposé depuis le premier mouvement de redressement du FLN.
«Ce sont, comme diraient les Egyptiens, des ''baltaguia'' qui ont profité d'un moment d'inattention de notre part pour entrer et occuper les lieux de manière tout à fait illégale», explique le colonel Abid, premier concerné, pour affirmer ensuite que toutes les démarches légales ont été entreprises pour régler cette affaire. Le FLN est, depuis des années à Oran, divisé en plusieurs tendances, mais les lignes de fracture ne répondent plus à aucune logique politique. Le conflit antérieur entre pro et anti-Benflis ou l'actuelle agitation autour d'un mouvement de redressement dirigé contre Belkhadem sont totalement inopérants.
Les chefs de file (considérés comme tels) des parties en conflit se démarquent de cette action, mais tous la soutiennent. «Ce sont des jeunes qui veulent un changement à la tête du parti à Oran. Nous attendons l'implication des instances nationales pour mettre sur pied une commission indépendante qui se chargera d'organiser un vote, seule démarche capable de régler définitivement le problème à Oran», soutient Mohamed Fréha de la kasma II, dite des moudjahidine, qui a abrité plusieurs actions de protestation contre le colonel Abid. Mohamed Fréha avait été désigné mouhafedh (parallèle), lors d'une réunion tenue au même lieu avant les élections législatives.
Contre toute attente, à la veille du 10 mai dernier, la liste FLN a finalement été dirigée par l'ancien P/APW, initialement coopté par la coordination des comités de soutien au programme du président de la République, mettant ainsi dos à dos les principaux rivaux. La situation est kafkaïenne.
«Nous sommes en train de régler le problème en essayant de réunir tout le monde», déclare Djelloul Brahma, sénateur et ancien mouhafedh, connu pour ses démarches consensuelles lorsqu'il tenait les rênes du parti à Oran qu'il a dû lâcher à la veille de la présidentielle de 2004, sous la pression des redresseurs de l'époque.
Il veut revenir aujourd'hui sur le devants de la scène et annonce lui aussi la venue d'émissaires d'Alger pour une énième tentative de réconciliation. En tout, une dizaine de cadres du FLN, entre superviseurs en mission officielle et personnalités influentes, ont été dépêchés à Oran, en vain. Le parti paraît bloqué, mais sur 18 sièges au Parlement, il en a gagné 12. Un score inespéré et pour beaucoup de militants, la prochaine échéance électorale est à ne pas rater.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com