
C'est un constat sans ambages et surtout sans concession qu'ont dressé, jeudi, deux experts en économie au sujet de la situation de l'économie nationale. Selon eux, l'Algérie a surtout accusé un grand retard dans sa réaction face à la crise qui se dessinait déjà dès 2008. Malgré quelques mesures prises en vue d'atténuer l'effet de la crise, le pays continue à subir une dégradation de ses indicateurs macroéconomiques.Younes Djama - Alger (Le Soir) - «On continue à subir une dégradation des indicateurs macroéconomiques : budgétaires, monétaires, et les indicateurs relatifs au chômage et à l'inflation.La crise continue à affecter l'économie algérienne qui s'appauvrit de plus en plus (le pays a perdu 30% de ses réserves de change). La structure de la balance des paiements reste très fragile et on n'arrive toujours pas à redresser la situation, et ce, malgré toutes les mesures qui ont été prises, dira l'expert en économie Mohamed Kaoubi qui intervenait lors de l'émission «Je dis économie», diffusée sur les ondes de Radio Algérie internationale (RAI). Il est rejoint par Mohamed Gharnaout qui souligne : «Cette situation persiste quand même depuis 2014, et il s'avère que les autorités sont impuissantes devant cette situation de crise. On ne voit pas les réponses qu'elles devaient apporter pour au moins amoindrir le choc de la baisse drastique des prix du pétrole. Même s'il soutient que des solutions existent, surtout que les pouvoirs publics espèrent une relance des cours de l'or noir, M. Gharnaout n'en estime pas moins qu'il faille dès maintenant comprendre que nous allons vivre avec des prix de pétrole à la limite de 50 dollars et qu'il serait illusoire de s'attendre à plus. «Si on ne prend pas les mesures maintenant, cela veut dire que la situation sera de plus en plus difficile.» L'expert propose de «réfléchir autrement» et prendre les mesures qu'il faut sachant que le pays s'appuie - rappel nécessaire s'il en était - sur une économie unijambiste qu'est le pétrole. D'où l'urgence de changer de modèle de croissance progressivement à travers une diversification de l'économie nationale. Même si les résultats ne sont visibles qu'à moyen et long terme, Mohamed Gharnaout n'en pense pas moins qu'il faille les prendre «dès maintenant».Faisant sienne l'analyse de M. Gharnaout, Mohamed Kaoubi estime également que la réaction face à la crise s'est faite tardivement, en prenant en compte le fait que les prémices de la crise sont intervenus dès 2008. «Toutes les économies avaient commencé à agir mais en Algérie, nous avons attendu jusqu'en 2015 pour commencer à prendre des mesures», rappelle-t-il tout en déplorant que les «économies» que l'Algérie avaient faites (réserves de change, FR”?) ont permis au pays d'atténuer un tant soit peu de la crise qui, selon lui, aurait pu être catastrophique sur toutes les sphères de l'économie.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Y D
Source : www.lesoirdalgerie.com