Oran - Revue de Presse

Sidi Saïd en pompier et en moraliste



En convoquant les différentes fédérations UGTA des secteursde la fonction publique à une « rencontre d'évaluation » le jour même où adébuté la grève de trois jours décrétée par l'intersyndicale des syndicatsautonomes, Sidi Saïd a voulu à l'évidence, au moins médiatiquement, ne paslaisser le champ libre aux rivaux de son organisation.La prestation du secrétaire général de l'UGTA, durant cetterencontre, a consisté à faire passer les syndicats promoteurs de la grève pour« des agitateurs stériles » et à mettre en exergue les « acquis positifs » queson organisation aurait obtenus pour les salariés de la fonction publique autravers de son dialogue fructueux avec les pouvoirs publics.Au personnel de cette fonction publique, dont il n'ignorepas la déception et le mécontentement au constat de la modicité desaugmentations de salaires dont il va bénéficier, le patron de la centralesyndicale prêche la patience, au motif que si le « gain enregistré estinsuffisant, il existe et est un début qui permet au fonctionnaire de constaterqu'il est réhabilité dans sa fonction et sa rémunération».La façon dont les fonctionnaires se comporteront durant lesjours de grève dans leur secteur renseignera s'ils ont été sensibles ou non àsa rhétorique optimiste.S'il a tenu à positiver l'action de l'UGTA dans le dossierde la révision salariale concernant la fonction publique, c'est parce que SidiSaïd a conscience de l'enjeu du bras de fer engagé par son organisation avecles syndicats autonomes dans ce secteur fournisseur traditionnel des plus grosbataillons d'affiliés à elle.A défaut de pouvoir, comme en d'autres temps, sommer lesfonctionnaires de ne pas suivre les mots d'ordre de grève des syndicats rivaux,le secrétaire général s'est fait « pédagogue » pour louer les vertus dudialogue social et les avantages que les travailleurs en retireront.Sauf que le dialogue à la façon UGTA, consistant à s'enremettre « au bon coeur » des pouvoirs publics, n'est plus la tasse de thé etdes fonctionnaires et du reste des salariés. Les travailleurs sont de plus enplus nombreux, tous secteurs confondus, à avoir compris que dans un système quia délibérément opté pour privilégier les intérêts d'autres couches sociales queceux de leur monde, ce n'est pas l'UGTA de Sidi Saïd, l'organisation syndicalequalifiée pour négocier en leurs nom et place.D'où le vent en poupe dont bénéficient les syndicatsautonomes, qui, sans être les va-t-en-guerre inconscients que dénonce le patronde la centrale du 1er Mai, ont tout simplement repris à leur compte le principe« démocratique » que la grève pacifique est le moyen ultime légal dont lessalariés doivent user pour se faire entendre.Le résultat des trois jours de grève entamés hier, de mêmeque celui du mouvement qui s'enclenchera le 24 février diront laquelle des deuxvisions de l'action syndicale rassemble le plus de partisans.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)