
Au titre du cycle de conférences consacrées à l'histoire de la ville, Mme Fatima Bekhaï, auteur de « Izuran » et « La Femme du Caïd », était, en debut de semaine, à Oran pour une conférence dédiée aux célébrités de la capitale de l'Ouest. Dans le préambule de sa conférence, elle a rappelé brièvement les circonstances de la naissance de la ville qui remonte à onze siècles. Elle passera ensuite à l'évocation d'une série de personnages. Et comme à tout seigneur, tout honneur, elle a brossé un portrait succinct du saint tutélaire des lieux, Sidi El Houari. Selon la conférencière, cette personnalité célèbre d'Oran « serait native de Mostaganem ». Sans aller jusqu'à démentir Mme Bekhaï, certains historiens soutiennent que l'imam El Houari est né à Tiaret. Avant de devenir saint homme, Sidi El Houari était parti à Fès (Maroc) pour respecter l'itinéraire traditionnel des « walias » afin d'acquérir le savoir. A son retour, il s'était installé à Oran, avec dans ses bagages « le souffle soufi » qui faisait défaut à la région alors même qu'il y existait des écoles coraniques et que des encouragements étaient prodigués aux savants et autres hommes de culture. Bien installé dans les quartiers bas de la ville où se trouverait actuellement son tombeau, el imam El Houari entamera une lutte sans merci contre « la dépravation très répandue, alors, dans la cité » du fait de son statut de ville commerçante, donc « ville ouverte, portée sur les réjouissances ». D'où par la suite, son surnom de « Wahran el Bahia, lil wa n'har zahia ». Parmi les savants célèbres de la ville d'Oran, Mme Bekhaï citera Mohamed Ben Younès El Wahrani, un grand mathématicien qui a construit une école d'enseignement des mathématiques et de la philosophie fréquentée par des étudiants de toutes les régions du pays. Au titre des célébrités féminines, elle citera Lalla Badra, femme du Bey Hassan qui fera voir de toutes les couleurs à l'Emir Abdelkader et son père, alors qu'ils étaient de passage à Oran pour accomplir le pèlerinage aux Lieux Saints de l'Islam. Lalla Badra interviendra alors auprès de son mari pour que ces illustres personnages aient la vie sauve. Femme du Bey (qui remettra les clefs d'Oran à l'officier de l'armée française-général Lamoricière '-venu s'emparer de la ville), Badra était également une femme excentrique, s'habillant en homme et montant à cheval. Mais c'était aussi une femme de c?ur puisque, selon la conférencière, elle s'occupait des faibles et des orphelins. Cette conférence de Mme Bekhaï suscite le désir de revisiter l'histoire de cette grande ville qui est un phare historique et qui veut être une métropole méditerranéenne.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Abbas
Source : www.horizons-dz.com