Oran - Revue de Presse

Sid'Ahmed Dendane publie : «Déclin et renouveau - Algérie 1962-2007»



Voilà un ancien instituteur qui n'a pas fini d'étonner par sa production littéraire, puisqu'il vient de remettre son cinquième bouquin intitulé : «Déclin et renouveau - Algérie 1962-2007». Cette production, ininterrompue d'un ancien normalien de l'Ecole normale d'Oran, démontre que les enseignants formés avant 1962 avaient une culture solide et une mémoire prodigieuse, qui leur permet de transmettre par écrit des témoignages vivants avec une documentation riche et variée. A 76 ans, Sid'Ahmed Dendane (né le 19/9/1932) qui a un parcours très riche : Ecole normale d'Oran (1950-1955), instituteur, Directeur d'école à Tlemcen et Oran, Chef de centre socio-éducatif Valmy (El-Kerma), Oran (1960-1962), Saoura Béchar, Inspecteur départemental de l'enseignement primaire à Béchar (1964-66), puis à Telagh (1966-74). Coopérant technique Professeur de psycho-pédagogie appliquée à Nouakchot (Mauritanie), chargé de la formation des élèves instituteurs (a failli être emporté par le paludisme qui l'a terrassé entre 1974 et 1977) - retour à Sidi Bel-Abbès comme IEF (79-80) enfin, inspecteur régional de l'enseignement moyen chargé de l'Education physique (1982-1993). Une retraite bien méritée depuis 1993, qui lui a permis d'écrire cinq livres : «Chronique d'un citoyen ordinaire», «Vie quotidienne à Tlemcen et en Algérie», «Nuit et lumière», «l'Algérie vue de l'intérieur» et enfin, «Déclin et Renouveau (2007)». L'auteur de ces cinq ouvrages nous prévient dans l'avant-propos «dans mon livre précédent 'l'Algérie vue de l'intérieur', j'ai décrit la vie quotidienne de la société urbaine algérienne, son commerce, son artisanat, son économie familiale, sa solidarité». Jean Filbet, un ancien instructeur des CEMEA (Centre d'éducation aux méthodes d'éducation active) a écrit à l'auteur à partir de Marseille, pour le féliciter après avoir lu «l'Algérie vue de l'intérieur», «vous avez sûrement compris à travers la pratique des institutions éducatives complémentaires de l'école, dont les centres de vacances font partie, qu'il ne suffit pas au maître d'apprendre à lire, à écrire et à compter, mais que «l'éducation est globale, qu'il n'y a qu'une éducation et qu'elle est dans tous les instants. C'est ce que les CEMEA, dont j'étais un instructeur permanent défendaient hier et défendent aujourd'hui». L'éditorialiste du dernier bouquin «Déclin et Renouveau» écrit «De l'Indépendance à nos jours, une radiographie de la société algérienne, de la dictature du parti unique et des attentats islamistes à l'éveil démocratique d'un pays qui prend enfin conscience des défis à relever. En écho à ce portrait national, un nouvel éclairage du destin de Messali Hadj, figure historique, polémique mais incontournable. L'âme de l'Algérie sur papier, Sid Ahmed Dendane poursuit son tableau algérien entrepris avec Chronique d'un citoyen ordinaire et l'Algérie vue de l'Intérieur. Témoignage objectif des quatre dernières décennies, une synthèse claire et rigoureuse des mutations d'un pays meurtri. Ancrée dans un contexte international et dotée d'un souci pédagogique certain, une page d'histoire qui permet de mieux appréhender le sort d'une nation longtemps déboussolée, tout en restant lucide sur les efforts encore à accomplir pour les générations à venir». Pour mieux connaître cet auteur, écrivain retraité de l'Education, notre correspondant a discuté avec lui sur son parcours exceptionnel et ses oeuvres qu'il va laisser pour la postérité. Le Quotidien d'Oran.: Vous venez d'imprimer, d'éditer votre cinquième (5ème) livre malgré les embûches et les difficultés, parlez-nous de ce parcours du combattant ! Sid'Ahmed Dendane: Mon cher ami, avant de répondre à votre question concernant les difficultés d'édition rencontrées en Algérie, je voudrais d'abord me présenter aux lecteurs car, pour eux, je suis encore un inconnu. Je m'appelle Dendane Sid'Ahmed né en 1932 dans le village d'Ouled Mimoun (ex-Lamoricière), 6ème enfant d'une famille de 8 personnes. J'ai suivi mes études primaires à l'Ecole indigène de garçons de la Gare de Tlemcen, secondaire au collège de Slane (Ibn Khaldoun), puis à l'Ecole Normale d'Instituteurs d'Oran. Instituteur pendant 3 ans, j'ai pris une direction d'école rurale (9 ans) puis la direction du Centre Social Educatif de Valmy (Oran). A l'indépendance, j'ai assuré la fonction de Secrétaire de mairie durant 5 à 6 mois, j'ai été ensuite nommé par notre premier ministre de la Jeunesse, des sports et du tourisme pour la wilaya de la Saoura comme chef de service, puis Inspecteur départemental de l'enseignement primaire par le frère «Si Djamel» ministre de l'Orientation nationale. Avant de prendre ma retraite, j'ai occupé le poste d'Inspecteur régional de l'EPS dans les établissements scolaires du moyen de l'Ouest. Pour ne pas rester improductif, j'ai commencé à écrire afin de faire profiter les générations futures de ma riche expérience. J'ai en effet vécu et traversé des périodes importantes de la guerre de Libération nationale (54-62), la période coloniale (1932-1954) et la période post-Indépendance avec ses hauts et ses bas. Mon premier livre «Chronique d'un citoyen ordinaire» édité chez l'Harmattan grâce à mon ami Nadir Marouf. Mon deuxième livre en arabe (je suis bilingue), «La vie quotidienne à Tlemcen et en Algérie», édité par Dar Ennachr Ala'Dindanas grâce à un ami, Kaïssar Mustapha, Professeur à l'université d'Alger (2002). J'ai eu beaucoup de difficultés à faire éditer mon troisième livre «Nuit et lumière» par Dar Elgharb d'Oran. Une participation financière a été exigée de moi. Ayant utilisé Internet comme moyen de communication avec des maisons d'édition françaises, j'ai eu l'agréable surprise d'avoir reçu des réponses positives de plusieurs maisons. J'ai choisi «Publi Book» qui a édité mon 4ème livre «l'Algérie vue de l'intérieur», en juillet 2007, et mon 5ème ouvrage «Déclin et Renouveau», en décembre 2007. Contactées et même harcelées par mes soins, les maisons d'édition (et certains responsables hauts placés) n'ont même pas daigné me répondre. J'ai présenté mes manuscrits au ministère de la Culture et à mon ami le ministre de l'Emploi et de la solidarité, en vain. Passons. Le Q.O.: Il m'a paru, en lisant vos bouquins, que vous êtes un témoin privilégié qui raconte les faits authentiques de notre vie quotidienne de 1936 à 2008. Comment avez-vous fait pour classer toute cette riche documentation qui est une véritable source pour les chercheurs ? S.A.D : Comme je l'ai dit précédemment, j'ai eu la chance de vivre et d'être témoin et acteur de 3 périodes privilégiées de l'histoire de notre pays: 1) une période coloniale avec la misère du peuple algérien, son esclavage et sa solidarité. 2) la guerre de Libération en tant qu'acteur et témoin. 3) La période post-Indépendance. Le déclin vécu avec le parti unique a entraîné le renouveau matériel apparu avec l'investiture à la tête du pays par l'actuel président de la République. En ce qui concerne la méthode, j'ai opté pour un classement chronologique de (1936-1954), (1962-1999), (1999-2007) et j'ai étudié et fait des recherches pour des thèmes qui me passionnaient comme la corruption, le chômage, l'émigration clandestine, nos problèmes essentiels comme l'éducation, l'économie, la sociologie politique etc... Mes écrits, je pense, sont restés dans le domaine de la réalité. Les analyses plus approfondies, je les laisse pour les spécialistes universitaires, les chercheurs. Le Q.O.: Dans vos derniers livres, vous êtes passé de lignes autobiographiques de «Rachid» à des analyses courageuses qui sont pertinentes, comme les problèmes de détournement de fonds, de corruption et même l'histoire du grand Zaïm Messali Hadj. Est-ce un changement de style ou ce sont toujours des témoignages ? S.A.D : Effectivement mes 4 premiers livres, je n'ai fait que témoigner avec exactitude de ce que j'ai vécu ou vu réellement. Dans mon dernier livre, arrivé à un âge où on n'a plus peur de rien, j'ai traité de certains problèmes de notre pays avec objectivité et sérénité. Pour Messali Hadj, je dirais simplement que c'est un personnage essentiel, incontournable dans l'histoire du réveil du sentiment nationaliste au sein du peuple algérien. Comme ceux de la corruption, du chômage, de l'habitat précaire, de l'enseignement sinistré à tous les niveaux, du bilinguisme, de la condition de la femme, de l'exode des cerveaux, de l'émigration clandestine, de la violence, de la démocratie détournée, etc...
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