Un signal fort d’ouverture économique
Le salon du tourisme, des voyages et des transports qui se tient à Oran n’a pas démérité. Mieux, il a permis de lancer un nouveau challenge, celui de placer désormais la destination Algérie sur orbite, le tout en valorisant son capital d’attractivité à travers ces lieux offerts au rêve et au repos.
«C’est un signal fort d’ouverture économique. Il y’a une dynamique qui a été enclenchée, une sorte de sursaut mais ce qui était nécessaire, c’était surtout cette mise en relation professionnelle. Pour cette édition, c’est déjà un acquis. Nous avons beaucoup appris, certains acteurs ont même réalisé des accords. C’est de bon augure. C’est vous dire que c’est tout un potentiel qui était jusque-là en friche et qui mérite d’être exploité, d’être développé», explique avec bonheur Mohamed Hammad, gérant d’El-Yamama Hôtel, situé à Aïn El-Türck qui soutient que les perspectives sont plutôt heureuses pour la destination Algérie, désormais reconnue comme telle. «Place désormais au travail, car dit-il, si nous voulons faire évoluer les choses, en terme de promotion, d’attractivité surtout, il est temps de se mettre à niveau». M. Midoun, gérant de Zenata voyages, une agence qui a 23 ans d’existence, mais aussi promoteur de choix dans cette chaîne touristique, abonde dans ce sens, considérant amèrement qu’il n’y ait «aucune relation entre les agents de voyages et les hôteliers». «C’est malheureux pour un pays qui veut développer le réceptif. Pis, pour une offre d’excellence, vous ne trouverez, dans la plupart du temps, aucune réduction en contrepartie. Trouvez-vous normal qu’on vous fasse payer des pleins tarifs à titre individuel pour un monde -tenez-vous bien- qui vient de découvrir l’Algérie pour la première fois? Pourtant l’activité touristique est une activité intégrée qui s’inscrit dans une certaine logique. Malgré ces aléas, on s’organise en conséquence pour mieux recevoir nos hôtes. C’est le cas d’une délégation gouvernementale indonésienne ayant été reçue le 31 mars dernier. Nous avons fait de même pour un deuxième groupe officiel, à la faveur d’une mission étrangère qui avait accompagné la délégation du président coréen. Ceci ne nous a pas découragés pour partir à la conquête d’un autre marché. Ainsi, notre partenaire, Gulliver, basé à Londres, nous supplie de faire un effort pour revoir les tarifs du séjour à la baisse», explique M. Midoun. En 2006, à l’occasion de la foire internationale de Londres, Zenata voyages est arrivée à convaincre le groupe Gulliver, un des premiers tours opérateurs mondiaux, à choisir l’Algérie, une sorte de nouvelle destination qu’il venait de découvrir. Aujourd’hui, le résultat est là: Zenata voyages est un fournisseur du groupe Gulliver (GTA) en Algérie qui accepte de recevoir une très large clientèle touristique et ce, ajoute t-il, mis à part les nombreux voyages organisés au profit des pieds noirs et qui arrivent, comme vous le constatez, à longueur d’années». Dans ce contexte, M. Midoun souhaite créer un partenariat entre les compagnies aériennes, agents de voyages et hôteliers. «Il faut qu’il y ait une collaboration entre le transporteur, l’agent de voyage et l’hôtelier. L’union, assure t-il, fait la force et ce n’est qu’à partir de là qu’on peut «commercialiser» la destination Algérie, mais à des prix plus ou moins raisonnables, comme le souhaitent les professionnels que nous avons rencontrés et qui se désolent que certains pays voisins affichent des prix très compétitifs à longueur d’année.» Comment le tourisme national peut-il alors trouver ses marques sachant qu’un 5 étoiles en Tunisie, en période creuse, est de 3.000 DA la nuitée alors qu’un hôtel similaire chez-nous se négocie à 16.400 DA TTC, soit 5 fois plus cher pour un même service et parfois moindre? «Nous avons fait l’année dernière 5 fréquences en charter, au départ d’Oran en direction de la ville de Fès, qui ont affiché complet avec un taux de remplissage de 100%. Cette année, si nous avons retardé les charters, prévus à compter du mois d’avril à la fin août, c’est parce que tout simplement, le consommateur a trouvé que les tarifs étaient excessifs», fera remarquer M. Midoun. «Excessif», le mot est lâché, et ce sont bien des acteurs qui plaident pour une action participative, basée sur une politique de Marketing notamment, au plan national non sans mettre en évidence l’atout dont dispose le pays qui représente en soi un marché Algérien potentiel. Notre souhait est que cette vision qui est tracée puisse se faire avec la conjonction de tous les acteurs locaux, nationaux et internationaux», reprend à son compte Benaoumeur Zemani, DG de l’agence de voyages et de tourisme qui souhaite également que la prochaine édition soit internationale. La première édition qui s’achève, il faut le dire, a eu le mérite de lever le voile sur le charme discret, celui des wilayas du pôle touristique nord-ouest du pays qui ont tenu par leur présence à contribuer à l’émergence d’un secteur longtemps mis en veilleuse. Des régions qui n’ont pas hésité à appuyer leur contribution par l’appui d’un plan de promotion en participant en commun à cette avancée du tourisme national, comme c’est le cas des wilayas de Tlemcen, Mascara, de Aïn Témouchent, de la direction du tourisme de la wilaya d’Oran, l’ONAT, le commissariat national du littoral, les établissements hôteliers, les compagnies de transport comme Air Algérie, Tassili Air Lines, Algérie ferries, quelques organismes de financement dont la Banque de Développement Local qui a tenu à marquer sa participation à l’effet d’accompagner les professionnels du tourisme dans leur logique de relance, les organismes d’assurances, les boîtes de communications, et enfin d’autres acteurs locaux comme le secteur de la formation professionnelle, à travers le CFPA de la cité Djamel qui a présenté deux de ses spécialités, la cuisine et la pâtisserie. Il est à noter aussi la participation de l’office national du tourisme tunisien (ONTT) qui vient d’ouvrir cette année un bureau à Oran. Ouartani Bessam, adjoint de l’ONTT à Oran, a tenu à souligner: «Notre objectif est de consolider les efforts déjà déployés par les agences de voyage, en vendant la destination Tunisie. L’Algérie est un marché de proximité et son importante se confirme d’année en année.»
Safi Z.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com