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«Si vous formez des cadres pour qu'ils partent en Allemagne...»



Après plusieurs retards qu'a connus le projet de la centrale électrique à turbines à gaz de Boutlélis, ce jeudi, le ministre de l'Energie, Mustapha Guitouni, a procédé à la mise en service de la première tranche, en attendant l'avancement des travaux de la seconde prévue au mois d'avril, pour être mise en service au mois de juin 2019 si les délais sont respectés.Le chantier de la centrale électrique à turbines à gaz de Boutlélis, lancé en 2014, de 2 x 223 mégawatts (446 MW) et d'un coût de plus de 32 milliards de DA (sans les lignes) a pour objectifs, selon les responsables, de satisfaire la demande grandissante en énergie électrique dans la région ouest et d'assurer une sécurité énergétique.
Dotée de deux tranches en cycle simple, une fois réceptionnée cette centrale fonctionnera en gaz naturel et avec le gasoil comme secours, a expliqué à l'assistance présidée par le ministre de l'Energie, une cadre de la société.
L'intervenante qui a indiqué que 70% des travaux de la centrale sont terminés, a fait savoir que le projet a permis de créer 900 emplois en phase de projet et va permettre l'emploi de 140 exploitants. Elle citera la présence de 15 expatriés qui assurent quelques supervisions pour des soucis de contrôle. A cet instant, le ministre l'interrompt «avant, pour ce type de centrale, il y avait peut-être 15 Algériens et 600 étrangers et petit à petit, les choses ont changé, et sur 655 exploitants que compte la centrale, il y a 15 expatriés, cela veut dire que ce sont les Algériens qui réalisent ce type de projets à présent».
Prenant la parole, l'un des chefs du projet explique au ministre qu'avec le retard enregistré, il a fallu compter sur les compétences algériennes et pour cela, dit-il «nous avons récupéré le management complet du projet de la direction générale de Sig qui a piloté le projet et nous avons pris la décision de former tous les cadres et chefs de projets de Sig.
Dans ces formations, nous inculquons de nouvelles compétences à nos cadres : gérer et assurer les risques». Il expliquera qu'à l'issue de cette formation, tous ont obtenu des diplômes allemands. Un diplôme qui leur permettra même, dit-il de travailler n'importe où dans le monde. «Ça veut dire qu'un ingénieur, chef de projet à Sig, est capable aujourd'hui d'aller travailler et être chef de projet n'importe où dans le monde».
Des propos qui n'ont pas rassuré le ministre qui lui coupe la parole «on ne veut pas qu'ils partent, si vous les formez pour qu'ils partent en Allemagne, moi je n'en ai pas besoin ! Formez-les pour qu'ils restent ici et ramenez-nous mêmes ceux qui sont à l'étranger.
Il faut trouver la solution, formez encore d'autres personnes, préparez les ressources humaines, il reste encore des centrales à construire». Pour Mustapha Guitouni, il faut savoir fidéliser ces compétences, et les prendre en charge et leur donner le goût du travail. «Il faut qu'ils se sentent partie prenante de ces projets et puis, il faut les intéresser, c'est normal. Ce sont des métiers rares et qui coûtent très cher».
Tout en félicitant l'équipe du projet de la centrale de Boutlélis pour le travail réalisé jusque-là, le ministre a souligné l'importance du projet qui devra renforcer, dit-il, la production de l'énergie électrique dans l'ouest du pays et desservir quelque 50.000 habitants, notamment la nouvelle ville Ahmed-Zabana de Misserghine. Prendre en charge toutes les zones industrielles implantées dans la wilaya d'Oran et Aïn Témouchent et toute l'agriculture.
Le ministre de l'Energie a rappelé qu'il y a des joint-ventures qui s'installent, «on s'est lancés avec sonatrach dans la pétrochimie et une première usine va voir le jour avec une joint-venture avec Total, c'est le propylène qui va être implanté à Arzew et il y aura d'autres usines qui arrivent, et nous sommes en train de discuter plusieurs contrats pour pouvoir travailler l'exploitation du gaz pas tel quel, mais avec une valeur ajoutée bien meilleure».
Pour Mustapha Guitouni, «l'exportation, ce n'est pas un rêve c'est une réalité, on est en train de se préparer pour cela. Nous allons aussi gagner du gaz en introduisant le cycle combiné». Il explique qu'il sera question de produire la même quantité avec la même capacité mais avec moins de gaz.
Le gaz qui sera récupéré sera exporté ou bien une partie sera utilisée ici, dit-il, pour la pétrochimie pour pouvoir élever les rentes du pays, conclut-il.
Amel Bentolba
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