À l'issue de deux réunions tenues sous la présidence du ministre de la Justice, le Conseil supérieur de la magistrature a décidé de maintenir globalement le mouvement décidé vers la mi-octobre et qui a concerné en tout 2 998 magistrats.La grève des magistrats observée récemment n'a pas eu l'effet escompté et n'a finalement pas arraché grand-chose pour ses initiateurs. Ainsi, dans un communiqué du Conseil supérieur de la magistrature, il est mentionné que seuls 189 recours ont été acceptés par la tutelle sur les 1 454 déposés. Pourtant, les mutations des magistrats décidées par le ministère de la Justice ont constitué la pomme de discorde entre le département de Zeghmati et le Syndicat national des magistrats que préside Issad Mebrouk.
Le communiqué précise que cette décision a été prise lors de deux réunions tenues les 21 et 24 novembre derniers au siège du Conseil supérieur de la magistrature. Cette rencontre entre dans le cadre de la seconde session ordinaire du Conseil. Elle a été présidée par Belkacem Zeghmati, ministre de la Justice, garde des Sceaux, mais aussi vice-président du Conseil, par procuration du chef de l'Etat et néanmoins président du Conseil supérieur de la magistrature. Le communiqué souligne que le ministre de la Justice a évoqué, lors de son intervention, les recours déposés par les magistrats en vue de voir leurs mutations et transferts annulés.
Sauf que la réunion a décidé de maintenir globalement le mouvement décidé vers la mi-octobre et qui a concerné 2 998 magistrats. Considéré comme le premier mouvement d'une telle ampleur, le Syndicat national des magistrats a engagé un bras de fer avec la tutelle. La grève nationale et illimitée entamée le 27 octobre dernier a maintenu la pression jusqu'au 5 novembre dernier. Néanmoins, le mouvement de grève engagé n'a pas pour autant réussi à faire fléchir la tutelle.
La suspension de la grève par les magistrats après des pourparlers n'a, en fin de compte, rien arraché dans ce qu'avaient exigé les grévistes. Pour rappel, le débrayage annoncé par les magistrats et les revendications annoncées au début de leur action ont suscité une adhésion populaire à leur cause et un soutien de la rue, notamment en ce qui concerne l'indépendance de la justice. Même si leur action avait paralysé le secteur et avait privé le citoyen de plusieurs services, rares étaient ceux qui s'étaient opposés "au combat" des magistrats, tant il évoquait la nécessaire séparation des pouvoirs et l'indépendance de la justice.
Loin s'en faut, la répression dont étaient victimes les magistrats grévistes à l'intérieur même de la cour d'Oran a suscité des réactions de condamnations en chaîne. Néanmoins, l'espoir suscité par cette grève, considérée, outre mesure, comme une adhésion au mouvement populaire, n'a pas tardé à s'évanouir. L'annonce de la suspension de la grève sans accords préalables pour satisfaire les revendications des magistrats a vite fait de provoquer la déception des citoyens qui ont cru aux annonces faites par le syndicat des magistrats. À cette déception se sont greffées les condamnations des manifestants, notamment les porteurs du drapeau amazigh par le tribunal de Sidi M'hamed, alors que d'autres détenus pour les mêmes accusations ont été relaxés.
M. Mouloudj
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed MOULOUDJ
Source : www.liberte-algerie.com