
Le président français, Emmanuel Macron, a affirmé hier que «la lutte contre le terrorisme islamiste» sera «la première» des priorités de la diplomatie française.Le locataire du Palais de l'Elysée n'a pas hésité à insister sur le qualificatif de définition du terrorisme, au moment où plusieurs pays européens sont la cible d'attentats qui, pourtant, n'ont aucun lien avec la religion. «Assurer la sécurité de nos concitoyens fait de la lutte contre le terrorisme islamiste la première priorité de notre politique étrangère. Oui je parle bien d'un terrorisme islamiste et j'assume parfaitement l'emploi de cet adjectif. Car rien ne serait plus absurde que de nier le lien entre les actes terroristes que nous vivons et une lecture à la fois fondamentaliste et politique d'un certain Islam», a déclaré Macron, devant la traditionnelle Conférence des ambassadeurs à Paris.Bien qu'il ait pris le soin de séparer entre «islamiste» et «islamique», Emmanuel Macron n'a, semble-t-il, pas pris tous les aspects de ce phénomène destructeur qui n'a ni de nationalité ni de religion. «L'angélisme n'est pas de mise à cet égard. Pas davantage qu'une peur de l'Islam qui confond islamiste et islamique qui tend à embarquer dans le soupçon général les millions de musulmans qui vivent en Europe et qui n'ont aucun rapport avec ces doctrines fanatiques», a précisé le président français. Avant d'avoir une pensée aux «musulmans qui, dit-il, se dressent, parfois au péril de leur vie, contre cet obscurantisme assassin».Malgré les précisions, ses propos postés sur ses comptes facebook et twitter ont suscité la polémique. Le fait de tenter de «ghettoïser» le terrorisme en lui donnant une connotation religieuse proche de l'Islam, n'est pas passé inaperçu. En effet, «pas besoins qu'il soit islamiste pour que ce soit une priorité», estime un internaute. Au moment où un autre se demande si «dans ce cas, on laisse tranquille les extrémistes de Droite qui sévissent beaucoup aux Etats-Unis et on ne se préoccupe que des barbus '». Beaucoup de réactions ont catégoriquement rejeté de faire le lien entre le terrorisme et la religion, notamment l'Islam. Loin de défendre l'Islam, encore moins ceux qui le salissent au nom de quelques passages «déformés» du Coran, les faits sont là.L'autre terrorismePour cette année, de plus en plus d'attentats commis en Europe et aux Etats-Unis, prouvent, en effet, que le terrorisme ne peut en aucun cas être réduit à une quelconque idéologie ou doctrine. On en a vu même des cas de dépressifs ou encore d'extrémistes politiques assassiner des innocents. Le 9 août dernier, un homme a délibérément foncé avec sa voiture sur des militaires à Levallois-Perret, en banlieue parisienne, faisant six blessés. Le suspect est arrêté quelques heures plus tard mais jusqu'à présent, on ne connaît toujours pas ses motivations. A Londres, le 19 juin 2017, un conducteur s'est précipité avec son véhicule sur un groupe de musulmans rassemblés près d'une mosquée. Une personne rend l'âme et neuf autres sont blessées. L'auteur arrêté était un islamophobe. Plusieurs rapports et études de centres spécialisés ont, depuis quelques années déjà, levé le doute sur cette ambiguïté entretenue par un certains nombre de médias.Une étude américaine, datant de de décembre 2014, parue dans «Journal of Communication», montre que «les médias ont une fâcheuse tendance à surreprésenter les actes de terrorisme commis par des musulmans, alors que ceux commis par des non-musulmans sont souvent passés sous silence ou minimisés». Des données provenant de la Global Terrorism Database de l'Université du Maryland (Etats-Unis), affirment que sur 321 attaques terroristes perpétrées en Europe de l'Ouest entre 2000 et 2013, seules 17 l'ont été par des groupes extrémistes musulmans. C'est presque deux fois moins que les attaques terroristes commises au nom d'idéologies anarchistes et d'extrême gauche cumulées.En quête de popularité 'En fin de compte, Emmanuel Macron ignore-t-il tous ces chiffres et les exemples d'attentats commis par des non-musulmans, au point d'aller se précipiter dans des analyses qui risquent de jouer en sa défaveur ' Sûrement pas. Seulement, la côte de popularité du jeune président de 39 ans, élu en mai dernier, pourrait être la raison de cette orientation «droitiste» dans son discours. Durant ce mois d'août, la cote de popularité du chef de l'Etat français a enregistré une baisse, avec 40% seulement de personnes satisfaites, selon un sondage Ifop pour Le Journal du dimanche, soit une chute de 14 points en un mois. Emmanuel Macron a perdu 22 points de popularité depuis le premier baromètre Ifop-JDD publié il y a trois mois, juste après son élection. Comparativement à ses prédécesseurs, au même moment, François Hollande jouissait, en 2012, d'une popularité nettement plus élevée (54%), alors que celle de Nicolas Sarkozy était encore plus forte en 2007, (67%). Courtiser les Français de l'extrême droite n'est pas pourtant la solution. Macron risque d'avoir sur le dos des millions de gens qui ont cru à son projet. Les musulmans de France notamment.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aïssa Moussi
Source : www.letempsdz.com