Oran - Revue de Presse

Service Oncologie du CHU d’Oran



Cri de détresse des cancéreux Conçu pour recevoir, tout au plus, une vingtaine de cancéreux par jour, le service oncologie du CHU d’Oran ne peut plus faire face à la très forte demande. Orientées vers un minuscule local d’à peine 24 m², les personnes devant recevoir un traitement chimiothérapique qui dure parfois de longs mois, jouent des coudes pour se frayer un passage et dénicher une place. A l’intérieur, ils sont 20 et même plus à passer d’interminables séances au cours desquelles leurs corps, déjà fragilisés par la terrible maladie, reçoivent chaque jour entre 1 et 7 pochettes de sérum. Dans cette position assise qui les éreinte, les patients se tordent de douleur, crient leur désespoir et, souvent, se mettent à râler avant de flancher et tomber dans les pommes. On les voit alors vomir et faire d’incessants va-et-vient pour soulager leur vessie qui n’en peut plus. Pour faire leurs besoins, ils sont condamnés à supporter les odeurs pestilentielles qui se dégagent des sanitaires. Approchés, de nombreux malades nous ont fait part de leurs inquiétudes. L’un d’eux, venant de Saïda, se dit dégoûté et écœuré par l’exiguïté et la vétusté des lieux ainsi que par l’absence d’hygiène. «Comment voulez-vous qu’on guérisse lorsque, au lieu de recevoir le traitement auquel nous avons droit dans des conditions décentes, nous sommes condamnés à rester vissés des heures durant sur des chaises inconfortables?» tonne-t-il avant de réclamer un meilleur accueil. Egalement sollicitée, une vieille dame qui n’en pouvait plus déclare «Ici, et exception faite des personnels dont la disponibilité et la compétence ne font pas de doute, c’est un véritable mouroir. Le local destiné à recevoir 20 malades par jour en reçoit, chaque jour que Dieu fait, 80 et souvent bien plus. La situation des personnels n’est pas meilleure que la nôtre. En effet, en dépit de leurs immenses qualités et de leur abnégation, ils n’en peuvent plus». Egalement contactés, des membres du personnel se sont abrités derrière l’obligation de réserve à laquelle ils sont tenus. En aparté cependant, l’un d’eux nous a fait savoir qu’en raison de la très forte pression à laquelle ils sont constamment soumis, les personnels risquent gros. Hier encore, des dizaines de cancéreux, déjà travaillés par la terrible maladie, rongeaient leur frein avant d’entrer, bien malgré eux, dans le minuscule local par ailleurs mal aéré et sentant le moisi. A signaler que la plupart des malades étant issus des milieux défavorisés et les médicaments, scanners et autres analyses coûtant excessivement cher, se tournent vers l’association «El-Amal» d’aide aux personnes atteintes du cancer. Rencontrée au siège d’El-Amal, Hadja K.S, confie «Grâce au dévouement des membres d’El-Amal, les malades paient moitié prix le scanner et autres analyses. Souvent aussi, nous recevons les médicaments dont nous avons besoin et que nous n’arrivons pas à nous procurer en raison de leur cherté ou de leur absence sur le marché». Au fait, qu’attend-on pour équiper le centre de Haï Bouamama dont la réalisation a coûté des milliards au Trésor public?» Selon des responsables du service oncologie, une fois équipée et opérationnelle, cette nouvelle structure soulagera, très certainement, l’actuel service oncologie et permettra une meilleure prise en charge des malades. M. Nemili
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