
Un projet de refondation à travers une analyse de l'Algérie sur tous les fronts sociétaux, l'enjeu n'est pas simple.Abdessamad Benkelfate s'attaque, dans son livre Pour l'Algérie de demain, paru aux éditions Riveneuve, à une vision serrée qui entremêle tous les domaines stratégiques dans lesquels, malgré les prévisions répétées par plus d'une voix depuis plus de 25 ans, le pays s'enfonce dans ce qu'on appelait alors la «crise multisectorielle».Même si l'auteur succombe, comme d'autres, au piège de l'incantation du «il faut», ou «il n'y a qu'à», on trouve dans ces pages écrites, avec c?ur, un tableau réaliste qui, dans la partie propositions, s'apparente clairement à un programme politique qu'il serait, selon lui, vital de considérer posément, mais sans tergiverser.Il est d'ailleurs explicite sur le fait qu'il est urgent de ne plus laisser à demain ce qu'on peut faire tout de suite, tant les défis s'accentuent d'année en année et aujourd'hui plutôt de mois en mois. Si on prend la situation de la balance des paiements par exemple, entre le moment où l'auteur a remis sa copie à son éditeur et l'actualité économique présente basée sur les indicatifs pétroliers inquiétants, le paysage a été largement bousculé, sans qu'aucun des remèdes invoqués, plus qu'évoqués, depuis trois décennies, n'ait été prescrit de manière durable et raisonnable au pays, embourbé dans des ornières qui paraissent inextricables.Tout cela est bien sûr au centre des 136 pages de ce livre écrit avec foi et passion par Abdessamad Benkelfate, originaire de Tlemcen, établi à Oran, à présent conseiller international en investissement après avoir notamment été à la tête d'une grande entreprise algérienne de distribution.Décoder les désastresVoulant éveiller les consciences endormies ou vouées à l'inaction du fait de l'opacité du système, il s'oppose aux «??déclinistes'' qui pensent que le jeu politique est entre les mains d'acier de sphères obscures. Que celles-ci sont indétrônables». Dans le registre des v?ux pieux et des remèdes à ordonner, il estime que «tout est lié et la seule transition qui vaille est celle du c?ur que l'on mettra à former les générations de demain».Alors, pour lui il faut décoder les désastres, secteur par secteur : éducation à la traîne ; problème de la langue d'enseignement ; économie parasitée par l'informel livré «aux forces de l'argent et aux fournisseurs étrangers» ; désindustrialisation : «??Démoderniser'' notre pays et faire régresser la société à ce point pose question» ; dépenses sans compter : «Un sommet de gabegies» ; taux de chômage inquiétant ; «cherté de la vie, cris du logement, bureaucratie complexe et paperassière», identité culturelle des Algériens ; falsification de l'histoire?La liste est longue des griefs que l'auteur détaille avec des éléments très probants que la presse, dont El Watan, relaye sans cesse et que l'on retrouve là regroupés en un opus fort utile. Après avoir décrit la situation et proposé des solutions d'un registre clairement politique, Abdessemad Benkelfate ne désespère pas. Sur un ton de tribun, il s'engage : «Mon regard est sévère.Ce qui m'anime est un sentiment patriotique pour m'impliquer au service de tous, relever les institutions et les lambeaux d'un Etat par terre.» Plus loin enfin, il résume l'objet de son ouvrage : «Pour sauver l'Algérie, il faut du courage politique pour barrer le chemin aux aigrefins de tout acabit.» Avec une question qui brûle les lèvres lorsqu'on a achevé le livre : on commence par quoi '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Walid Mebarek
Source : www.elwatan.com