Les déclarations faites, hier, par le président du Conseil de la nation et qui viennent relayer celles du Premier ministre, annoncent-elles une prochaine sortie médiatique du président de la République ' Aujourd'hui, une telle question mérite d'être posée, surtout qu'Abdelkader Bensalah a réitéré que Bouteflika 'se porte bien". Dans son allocution d'ouverture de la journée d'étude sur le Conseil de la nation, consacrée à l'expérience et aux perspectives de cette institution, le numéro deux de l'Etat a soutenu que le président de la République est 'en bonne santé".
M. Bensalah s'en est même pris aux 'brailleurs" et 'prêcheurs du désespoir", en les invitant à 'laisser l'homme se reposer et revenir bientôt au pays". La sortie du président du Conseil de la nation intervient 24 heures après la déclaration faite par Abdelmalek Sellal, dans laquelle ce dernier tentait de rassurer les Algériens sur l'état de santé du chef de l'Etat. Le Premier ministre avait révélé que Bouteflika, hospitalisé à l'hôpital français Val-de-Grâce, le 27 avril dernier, voyait son état de santé 's'améliorer de jour en jour" et qu'il était tenu d'observer actuellement 'un strict repos en vue d'un total rétablissement". M. Sellal avait en outre critiqué 'certains médias étrangers" pour avoir diffusé de 'fausses informations", en laissant entendre que 'c'est en fait l'Algérie qui est visée dans ses fondements républicains, son développement et sa sécurité".
Il avait également réitéré, comme le 11 mai dernier, qu'en convalescence en France, le président de la République 'suit journellement les activités du gouvernement, en attendant son retour" au pays, avant de conclure que la maladie de Bouteflika 'ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir".
Les déclarations faites par MM. Sellal et Bensalah, complétées récemment par l'annonce de la signature, par le président Bouteflika, d'un décret instituant la journée du 22 octobre comme Journée nationale de la presse, effaceront-elles ces longs moments de silence et surtout ces dysfonctionnements dans la communication officielle, à propos de l'évolution de l'état de santé du chef de l'Etat ' Suffiront-elles à présent à mettre un terme aux rumeurs et aux polémiques
sur la prochaine élection présidentielle ' Apparemment non. Hier, l'historien Benjamin Stora a tenu des propos allant à l'encontre des déclarations du président du Conseil de la nation et du Premier ministre.
Sur Europe 1, il a déclaré au sujet de l'état de santé de Bouteflika qu'il 'est très difficile de savoir s'il est toujours en vie ou non".
Mais, il a observé que l'absence du président Bouteflika sur la scène publique 'ouvre toute une série d'interrogations sur sa succession possible". Par ailleurs, se remémorant l'épisode de 2005 et mettant en avant le statut de l'Algérie en tant que 'grand partenaire politique et économique", l'historien français est revenu sur le silence des autorités françaises autour de la maladie du Président algérien, en confiant : 'On ne sait pas si c'est un AVC comme le dit le Premier ministre, ou si c'est plus grave."
M. Stora a aussi commenté les 'pratiques politiques" en Algérie, estimant que l'absence de communication officielle 'indique précisément que toute une série de tractations ont lieu". Ainsi, d'après lui, si 'la tractation était aussi sereine, il y aurait une communication plus simple, évidente, transparente, autour de la santé de Bouteflika".
De son côté, Amara Benyounès, secrétaire général du Mouvement populaire algérien (MPA) et néanmoins ministre de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et de la Ville, a tenu des propos durs, hier, sur la chaîne française France 24, en direction de certains de nos concitoyens, sans pour autant les désigner nommément. 'Ces gens-là ne sont pas capables de faire un coup d'Etat militaire ; ils veulent lui (le président de la République, ndlr) faire un coup d'Etat médical."
H A
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hafida Ameyar
Source : www.liberte-algerie.com