La Russiea voté hier pour élire Dimitri Medvedev à la présidence russe. Poutine n'a paschangé la Constitution,qui ne lui permettait pas un troisième mandat successif: il a choisi sonsuccesseur et se prépare à devenir un chef de gouvernement. Poutine restant defacto au pouvoir, il est difficile, même pour ses adversaires, de faire sonbilan.Lerégime de Poutine n'a pas été un modèle de démocratie, cela n'est guèrediscutable. Mais il ne faut pas succomber à la lecture des médias occidentauxqui présentent la période de Boris Eltsine sous des jours roses. L'époqueEltsine ne fut pas non plus celle de la démocratie. Mais en Occident, desalliances très intéressées avec des groupes d'oligarques prédateurs qui ontfait main basse sur le pays ont tendance à cultiver cette fausseté. Ce quin'est pas dit, c'est que la période Eltsine a été une aubaine pour l'Occidentqui poussait l'ancienne puissance russe vers la déconfiture totale. C'est surce terrain, et seulement celui-là, qu'est né le discours sur «l'inquiétant M. Poutine».Sile désormais ancien président russe a mauvaise presse en Occident, ce n'est passon autoritarisme antidémocratique qui est en cause, mais plutôt sa volonté derétablir la puissance de la Russie, de riposter quand on vient la narguer à sesfrontières avec un bouclier antimissile, de facturer au prix du marché le gazpour les pays de l'ex-bloc de l'Est qui veulent intégrer l'Otan. Apparemment, enOccident on feint de ne pas comprendre que la Russie refuse de faire des cadeaux à ceux quirejoignent l'Otan, créée pour contrer l'URSS et qui continue de s'élargirjusqu'aux frontières de la Russie.Ducoup, comme toujours, la bonne foi démocratique à géométrie très variable etsurtout très instrumentalisée des Occidentaux perd de sa crédibilité. Ce n'estd'ailleurs pas un hasard si Gazprom passe pour un dangereux «instrument deguerre» du Kremlin contre les Occidentaux. Gazprom incarne bien ce qui déplaîtle plus chez Poutine: la différence d'avec la Russie d'Eltsine, où les ressources stratégiquescomme le pétrole et le gaz étaient passées, pour unebouchée de pain, entre les mains des prédateurs magnifiés en Occident. Ce sontces secteurs que Vladimir Poutine a repris, sans ménagement, en rétablissant lepouvoir de l'Etat russe sur les ressources énergétiques du pays. Les médiasoccidentaux le lui ont reproché. Et pourtant, s'il y a quelque chosed'éminemment positif dans son bilan, c'est bien d'avoir osé le faire contre lamode ambiante et contre une propagande forcenée.Siaujourd'hui la Russieest désendettée, tout en disposant d'un gros matelas de réserve (500 milliardsde dollars), cette renationalisation «brutale» est, à n'en pas douter, l'actele plus démocratique - au sens de servant l'intérêt du plus grand nombre - qu'ilait pris. On peut s'attendre à ce que la continuité prévale dans ce domaine. Celane tient pas seulement au fait que Poutine va se retrouver à la tête dugouvernement. Le nouveau président de la Russie a été le président du conseild'administration de Gazprom, ce «méchant» instrument de rétablissement de lapuissance russe...
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : K Selim
Source : www.lequotidien-oran.com