Oran - A la une

Ruptures '



Ruptures '
On n'en doutait pas. La France refuse de parler de repentance, mais préfère parler du devoir de mémoire, une charge réservée aux historiens. Le président Bouteflika, qui a fait de cette question son cheval de bataille ces dernières années en demandant des excuses à la France pour les crimes commis durant la colonisation, a-t-il décidé de mettre en veille cette exigence ' On est forcé de le croire, d'autant qu'aucun responsable du gouvernement n'a soufflé mot sur cette question à l'approche de la visite d'Etat qu'effectue depuis hier François Hollande en Algérie.
Est-ce parce que le combat est inégal face à une classe politique française refusant de céder sur ce qu'elle considère être scellé et non négociable ' Ou est-ce parce que tout le monde a compris que les tensions sur l'histoire ne menaient nulle part et qu'il est temps de passer à autre chose ' Hollande a émis le souhait d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays, des relations qu'il a qualifiées de stratégiques et surtout d'égal à égal.
Les mots ont un sens. Le nouveau chef d'Etat français semble affirmer cet engagement exprimé depuis 'la reconnaissance par la République française des massacres du 17 Octobre 1961" que les relations algéro-françaises seront empreintes de sérénité et de réalisme. Et ce réalisme devrait se traduire par des contrats de coopération, à l'exemple de l'implantation de l'usine Renault à Oran qui sera officiellement scellée aujourd'hui. L'économie et le business semblent ainsi prendre le dessus et donner à la relation algéro-française ce caractère de pragmatisme qui lui manquait tant.
Mais cette ère de 'réconciliation" entre les deux pays depuis le 'il faut" de Mitterrand jusqu'à l'arrogance de Sarkozy en passant par la loi du 23 février 2005 et l'affaire Hasseni, et le dossier créé de toutes pièces sur les moines de Tibhirine résistera-t-elle au torpillage d'une droite aigrie et à la tentation 'interventionniste" de Paris dans l'évolution de la situation politique en Algérie ' Ce n'est pas un hasard si François Hollande a évoqué le Printemps arabe et la spécificité algérienne ainsi que le courage des Algériens pour avoir lutté à l'unisson contre le terrorisme islamiste. Si l'on peut considérer cette position comme un bon point pour Alger, son commentaire sur la révision de la Constitution, qu'il estime être la dernière étape des réformes politiques engagées par Bouteflika depuis avril 2011, ne l'est pas forcément. Hollande suggère-t-il que Paris suivrait de près 'l'accomplissement des progrès démocratiques" en Algérie ' L'avenir nous le dira certainement.
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