Pour la présidente de l'Association de solidarité des pharmaciens organisés (Aspo), les problèmes engendrés par la décision ministérielle ont largement contribué à la désorganisation du marché du médicament qui a été livré à des personnes n'ayant aucune relation avec le secteur de la production pharmaceutique."Plus de 100 pharmaciens ont été injustement emprisonnés durant ces dernières années à l'ouest du pays pour des pseudo-affaires liées au trafic de médicament du cabas et qui ont été par la suite rétablis dans leurs droits légitimes par la justice", a affirmé, hier, à Oran, Houda Maiziz,présidente de l'Association de solidarité des pharmaciens organisés (Aspo), en marge du congrès sur l'épiphénomène des médicaments du cabas.Elle insistera lourdement sur le fait que le pharmacien n'est pas responsable de la crise actuelle qui secoue le marché du médicament. Elle mettra nommément en cause le ministère de tutelle qui a décidé d'arrêter en 2009 l'importation de 388 produits pharmaceutiques. "La situation est aujourd'hui grave compte tenu de la rupture de dizaines de produits médicamenteux vitaux qui sont introuvables dans les officines, notamment le HCG qui se vend sous cape entre 4 000 et 5 000 DA, les produits anti-tétanos et les médicaments anticancéreux", a souligné l'intervenante.Pour elle, les problèmes engendrés par la décision ministérielle ont largement contribué à la désorganisation du marché du médicament qui a été livré à des personnes n'ayant aucune relation avec le secteur de la production pharmaceutique. Résultat, les médicaments dits génériques de fabrication locale ne sont d'aucun effet, ont précisé d'autres participants. Se prévalant de plus de 4 000 pharmaciens de 28 wilayas, l'Aspo revendique l'arrêt des attaques dont sont victimes ses adhérents. Pour leur part, les représentants syndicaux de l'est du pays ont franchement parlé de véritables réseaux constitués de trafic de médicaments. "Ce n'est un secret pour personne que des chaînes d'importation illicites sont installées dans la wilaya de Skikda qui activent de concert avec la Tunisie", a indiqué un représentant de l'Union des pharmaciens de cette wilaya.L'accent a été également mis sur la contrefaçon des médicaments, la rupture de stock des pilules contraceptives ainsi que sur l'absence de volonté politique concernant l'industrie pharmaceutique. Avec plus de 300 médicaments en rupture de stock, les intervenants ont tiré la sonnette d'alarme sur l'exigence de revoir les conditions de gestion du circuit des médicaments dont le monopole a été transféré par l'Etat à une poignée des personnes, assure-t-on.Les animateurs de ce congrès, qui verra la participation de plus de 1 000 pharmaciens et de 23 laboratoires, n'ont pas manqué de souligner l'importance de la formation continue des pharmaciens. "Il existe seulement un institut de formation de pharmaciens à Oran en attendant l'ouverture des portes de l'université algérienne qui demeurent inexplicablement fermées", a annoncé un représentant des pharmaciens de l'est du pays. À ce propos, il a déclaré que l'absence de structures de formation en Algérie pousse les jeunes à se rendre à l'étranger pour des périodes n'excédant pas les cinq jours. "300 milliards de centimes sont dépensés annuellement ailleurs pour permettre aux jeunes pharmaciens frais émoulus d'acquérir les bases du professionnalisme dans le domaine de la pharmacie", a-t-on déploré. K. REGUIEG-ISSAAD
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K REGUIEG ISSAAD
Source : www.liberte-algerie.com