Oran - A la une

Rokia therapy



Rokia therapy
Le Groupe de recherche en anthropologie de la santé (Gras) a organisé, récemment à Oran, une conférence portant sur le phénomène de la médecine traditionnelle, et plus spécifiquement sur l'engouement que connaît cette pratique thérapeutique auprès d'un large pan de la société.En effet, on a assisté ces dernières années à la multiplication des officines proposant des soins alternatifs. S'entend par là : des soins autres que ceux proposés par la médecine légale. Intitulé «changement social et thérapies traditionnelles dans le Maghreb arabe. Analyse psychosociologique», la conférence a été animée par le Pr Hamek Mohammed (université de Tiaret), auteur d'un essai La thérapie par la rokia. Le Pr Hamek était accompagné d'une équipe anthropologique qui travaille sur les pratiques thérapeutiques alternatives, et qui a pour nom : «Société et pratiques thérapeutiques alternatives». «A travers notre étude de doctorat sur une population de patients maghrébins, nous avons constaté que le recours aux thérapies traditionnelles a devancé celui des thérapies modernes», nous ont-ils fait savoir. Une vérité qui donne froid dans le dos ! «Ce choix est dû aux types de représentations culturelles de la santé, de la maladie et du soin des patients, associés à un fonctionnement psychique spécifique justifiant le type de relations aux autres acceptations ou refus des nouvelles méthodes thérapeutiques».Selon le conférencier, ce fonctionnement est fortement affecté par des interprétations socioculturelles et religieuses. Aussi, l'objet de la conférence a été axé sur cette problématique : «Pour quelles raisons les patients et particulièrement les jeunes ont plus recours aux thérapies traditionnelles '» «Cette tranche d'âge, souligne le conférencier, est censée être la plus affectée par les changements socio-économiques et technologiques. Aussi, il est fort probable que les représentions de ces jeunes envers la maladie et la prise en charge thérapeutique soient tributaires de leur culture, leur type de qualité de vie, ainsi que leur religion.»Il faut savoir que l'équipe anthropologique à laquelle appartient le Pr Hamek a mené une étude sur un échantillon de 1000 personnes, toutes catégories sociales confondues, croyant en l'efficacité de la médecine traditionnelle. Sur 1000 personnes, 70% sont âgées de 15 à 40ans, ce qui indique clairement que cette sorte de médecine connaît son succès essentiellement chez les jeunes. «Notre étude vise un phénomène crucial et largement diffusé ces derniers temps au Maghreb, celui de la prospérité des thérapies traditionnelles qui concurrencent fortement la médecine moderne et la psychothérapie. Ce qui explique que le changement social dans le monde arabe touchant tous les niveaux mène la société à subir plusieurs crises psychosociologiques, et se reflète sur la santé en général.»Ce que préconise le Pr Hamek ainsi que son équipe est qu'il y ait davantage de législation chez les spécialistes de la médecine traditionnelle, appelée communément «raki», et cela dans l'intérêt des patients. Enfin, pour finir, Mme Bennama Aïcha, membre de l'équipe, nousexpliquera : «Nous visons à mettre en œuvre des méthodes pluridisciplinaires et surtout anthropologiques afin de comprendre l'évolution de ce phénomène par rapport au développement de l'offre de la médecine moderne au sein de la société.»


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)