Même si le plan de développement est en bonne voie pour être matérialisé dans les délais prévus et que les perspectives s'annoncent prometteuses, l'entreprise Arcelormittal El-Hadjar ne pourrait pas éviter de sérieuses difficultés financières dans les prochains mois. D'où, avouent les syndicalistes, la nécessité pour les 5 700 salariés du complexe sidérurgique de donner le coup de rein nécessaire pour hisser la production à son meilleur niveau.
Conséquences des perturbations générées par des problèmes techniques et d'alimentation électrique durant ces deux derniers mois, les installations de production comme le haut fourneau et la PMA n'ont pas fonctionné à plein régime. C'est ce que confirme la direction générale à travers son bulletin info n°32 dans lequel elle annonce une production d'à peine 33 000 tonnes en juillet. En période de rendement normal, cette production atteignait les 60 000 tonnes et même plus. Ce qui ne prédit pas de beaux jours pour les travailleurs du complexe sidérurgique El-Hadjar. Ils ont du souci à se faire pour leur salaire du mois de septembre prochain. Et pas seulement, puisque si la masse salariale d'août pourrait, malgré la difficulté, être versée, il n'en sera pas de même par la suite. Cette information portant sur les difficultés financières du géant de la sidérurgie algérienne a été confirmée par M. Daïffalah, le secrétaire général du syndicat de l'entreprise, affirmant que «notre société est confrontée à de sérieuses difficultés financières générées par la multitude de problèmes techniques ayant surgi au niveau des installations poumon de la production de l'acier liquide. Il est indispensable que chacun de nous ait conscience de cette difficulté qui pourrait amener l'employeur à ne pas verser les salaires à termes échus le mois de septembre prochain. C'est difficilement qu'il a pu le faire pour le mois d'août. L'alerte est donnée. A chacun de nous de multiplier les efforts pour sortir de l'impasse». Cette nouvelle situation intervient au moment même où est lancé le plan de développement de 500 millions d'euros. Il porte justement sur la réhabilitation, rénovation ou changement de certaines installations de production. Le haut fourneau, la PMA et les aciéries figurent en tête de liste des priorités dans les travaux qui, normalement, devront être lancés dès 2013. Est-ce déjà trop tard ' La question a été posée à Miloud Fares, économiste. Il a estimé que«ce problème de non-versement des salaires peut être considéré comme une sérieuse alerte pour le gouvernement algérien. Il doit rapidement réagir car il intervient quelques semaines après que des changements aient été opérés à la tête du groupe d'entreprises Sider, actionnaire à hauteur de 30% au capital social d'ArcelorMittal. Il intervient avec l'entame de la procédure de lancement des appels d'offres pour la mise en route du plan de développement». Affirmant que ce même problème surgi au lendemain de l'annonce portant sur la réalisation d'un 2e complexe sidérurgique à Bellara d'une capacité de 5 millions de tonnes/an. Il ajoute : «A mon avis, la situation que vit le complexe sidérurgique El-Hadjar est la conséquence des hésitations et reculades ayant prévalu pour décider de l'acceptation ou non du plan de développement. Les arrêts des installations imposés durant plusieurs jours par l'ex-secrétaire général du syndicat doivent également être pris en considération pour affirmer qu'il y a, directement ou indirectement, du sabotage sur les installations de production.» Jamais depuis 1965 ,date de la création de la Société bônoise de la sidérurgie, et même au plus fort des crises : économique de la fin des années 1980 et par la suite la tragédie nationale des années 1990 et du début de 2000, la sidérurgie algérienne n'a été confrontée à un problème financier. Particulièrement celui lié au versement des salaires. C'est pourquoi les responsables de la direction générale attendent de leur partenaire social, le syndicat de l'entreprise, une plus grande disponibilité et présence sur le terrain. Celui de la sensibilisation des salariés sur la situation de leur outil de travail par exemple. Ce message a été apparemment reçu cinq sur cinq. En effet, les membres du conseil syndical sont depuis quelques jours en conclave pour préparer les prochaines élections syndicales. Elles détermineront entre les mains de quels représentants syndicaux reposera l'avenir des sidérurgistes. En collaboration avec les cadres de la direction des ressources humaines, ils 'uvrent au découpage des zones dites électorales. Ces élections concerneront en premier les délégués appelés à siéger au comité de participation. Leur nombre sera revu à la baisse en ce sens qu'il est prévu de l'amener de 195 à 80 délégués. La 2e opération électorale intéressera les membres du conseil syndical. Pour le prochain mandat, ce conseil sera composé de 125 nouveaux syndicalistes représentatifs d'une trentaine d'unités dont celles extérieures dites de marketing. C'est notamment le cas pour le port de Annaba et les unités commerciales de Skikda, Alger et Oran. Les opérations de vote devront être entamées dès la 2e quinzaine du mois de septembre à intervalle d'une semaine avec en premier celle dont seront issus les délégués du comité de participation.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com