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Risque de rupture du contrat de partenariat



Risque de rupture du contrat de partenariat
A Annaba comme certainement à Arzew (Oran), les travailleurs de la pétrochimie suivent avec une attention soutenue le conflit qui oppose, depuis quelques jours, les membres du conseil d'administration de la société mixte algéro-espagnole Fertial spécialisée dans la production des engrais phosphatés.C'est que, une dizaine d'années après sa mise en route sous le sigle de société mixte Fertial au capital social à 66% propriété du groupe espagnol Fertibéria et 34% pour l'entreprise publique économique Asmidal, le contrat de partenariat est sous le coup d'une forte perturbation. La situation pourrait même aboutir à sa rupture si la tension extrêmement vive entre les administrateurs espagnols et leurs homologues algériens représentant Asmidal devait persister.La menace est réelle. Elle est générée par le refus des autorités algériennes d'accorder leur agrément à l'exportation à destination de l'Espagne de plusieurs centaines de milliers de tonnes de produits chimiques. Une attitude qui a irrité les administrateurs espagnols. D'après des sources crédibles, il ressort que lors de la dernière réunion du Conseil d'administration de Fertial, les actionnaires algériens auraient clairement exprimé leur refus de voir se poursuivre la mise à sac de la production annuelle algérienne d'ammoniac.Partant du fait qu'à son arrivée en Algérie, le groupe Villar Mir était loin de maitriser une quelconque activité liée à la production des produits chimiques et qu'il n'avait aucun savoir-faire et encore moins de technologie à faire prévaloir, les décideurs algériens ont pris conscience que le partenariat profitait beaucoup plus à l'associé espagnol. En effet, toute la production algérienne prenait la destination des unités de transformation de Fertibéria en Espagne.L'Algérie n'avait que des promesses à enregistrer au titre de contrepartie. Pis, aussitôt installés à la direction générale de la nouvelle société mixte Fertial, les Espagnols avait mis à exécution un plan social que rien ne justifiait. Ainsi, en 2008, des 5 000 salariés en poste, plus de la moitié prendra le chemin de la sortie sous le slogan de «départ volontaire». Ces derniers jours, il y a comme un revirement de la partie algérienne. Sa prise de position en forme de coup de force est destinée à pousser le partenaire espagnol à sortir du bois.Tout en tentant de manipuler l'information après s'être assuré du soutien d'un syndicat aux ordres, ce dernier persiste dans sa contestation des droits de son partenaire. Cette mise au grand jour des différents entre les deux parties s'inscrit en tout cas dans la droite ligne de la volonté du gouvernement algérien de reprendre le commandement de Fertial anciennement EPE Asmidal. Elle est entre les mains des investisseurs espagnols depuis 2005.Ce faisant, les décideurs algériens donnent l'impression d'avoir compris qu'ils n'avaient pas assuré leurs arrières avant de signer l'accord de partenariat avec Villar Mir. Le comble est que, depuis 2005, comme s'ils répondaient à un signal, les syndicalistes avaient mis en sourdine leur protestation allant dans le sens de la sauvegarde du patrimoine national de production. Pour preuve, leur récent appel à la levée de la mesure de suspension des exportations de l'ammoniac telle que souhaitée par l'espagnol.Et pourtant, les chiffres en possession des décideurs algériens précisent que sans avoir eu à investir, Fertibéria a réussi à accroître les chiffres d'affaires de ses unités de transformation en Espagne en exportant à bas prix sa matière première d'Algérie. A contrario, rien n'a changé pour les actionnaires algériens même si Fertial est omniprésente sur les marchés européen, cubain, américain et africain de l'ammoniac, du nitrate et du super simple phosphate (SSP).A travers l'intéressement de certains cadres algériens, Fertibéria avait pu contourner les balises du contrôle algérien pour imposer un important préjudice financier induit par les exportations annuelles d'ammoniac. C'est que depuis 2005, les Espagnols engrangent d'importantes marges bénéficiaires en exportant de l'Algérie d'importantes quantités d'ammoniac. Celui-ci est obtenu en Algérie à partir d'un gaz très bon marché qu'ils transforment en Espagne en produits rémunérateurs tels que le nitrate d'ammonium et le Di Ammonium Phosphate.«Ces produits très prisés sont commercialisés à des prix excessivement élevés dans différents pays d'Europe», a affirmé un des cadres. Ce qui balaie l'argument selon lequel sans Fertibéria, l'ammoniac algérien peinerait à trouver sa place à l'international. Pour preuve, le manque chronique de l'ammoniac et d'autres produits chimiques dans le bassin méditerranéen, ouvrant grandes à l'Algérie les portes de ce marché de quelque 5 millions de tonnes/an.


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