Oran - A la une

«Rien ne nous fera reculer»



Hier, alors qu'il a fait particulièrement chaud à Oran avec 28 degrés, cela n'a pas empêché les étudiants à tenir leur marche habituelle. C'est aux cris de «on continuera à marcher et à revendiquer malgré le jeûne», qu'ils assuraient que « Rien ne nous fera reculer jusqu'à provoquer le changement ».Amel Bentolba - Oran (Le Soir) - Solidaire du « Hirak », les manifestants se disent toujours debout pour l'amour de la patrie et résistent aux pressions et ne fléchiront pas, insistant sur la nécessité d'éviter à tout prix la division. « Nous sommes dans la même équipe, restons unis .» Beaucoup s'adressaient symboliquement aux chouhada leur assurant qu'ils vont poursuivre la lutte jusqu'à l'éradication de tout le système en place. « Ya chahid repose-toi, on poursuit la lutte, on a été gouverné par des médiocres .»
Dans un premier temps, un regroupement a eu lieu au niveau de la place d'Armes, où un groupe d'étudiants a choisi de s'exprimer à travers le 4e art avec pour public leurs camarades et des passants. La thématique de cette courte représentation s'articulait autour de deux mondes parallèles.
Dans l'un y vit une population évoluée, organisée, travailleuse? et dans l'autre, une population livrée à elle-même, où règnent dépravation, ennui et laisser-aller. « Dans ce monde perdu, la population est surveillée par la police et l'armée et n'ose pas provoquer le changement, jusqu'au jour où l'un d'entre eux parvient à voir ce qui se passe de l'autre côté et invite ses amis à regarder. C'est à partir de ce moment que cette population soumise et perdue décide d'agir et de provoquer le changement », explique l'un des animateurs de ce spectacle de rue. Suite à quoi la marche a pris le départ vers le centre-ville et, comme à chaque passage devant le siège du FLN, un arrêt «obligé» devant la façade pour lancer des cris de « FLN dégage». Durant cette marche, les manifestants ont réitéré leur refus d'un Etat militaire tout en rejetant la tenue des élections du 4 juillet : « Tant que les bandes sont toujours en place on ne votera pas, c'est à nous de choisir notre Président et non à l'ingérence étrangère .»
Parmi les slogans de ce mardi, les marcheurs ont appelé les avocats et juges à se pencher sur les affaires de corruption et de leur demander : «Débarrassez-nous des pourris », et à l'adresse du système « Arrêtez vos mises en scène on n'y croit pas » ; « Quelles que soient vos méthodes, vous ne casserez pas notre union ».
Poursuivant leur marche jusqu'au siège de la Wilaya, beaucoup ont eu du mal avec la chaleur, parmi eux une jeune étudiante qui a eu un malaise. De suite, un jeune étudiant, qui a pris le soin de prévoir une petite mallette de secours, s'est chargé d'aider ses camarades à lui porter secours, même si elle a refusé de boire de l'eau. Résister et continuer telle était la devise de ces jeunes étudiants prêts à tout pour provoquer le changement. A leur arrivée au niveau du siège de la Wilaya où ils sont restés fidèles à leur rituel du tifo déroulé chaque mardi, portant à chaque fois de nouveaux messages, de nouvelles caricatures dépeignant la situation que traverse le pays, les étudiants, ayant appris le décès de Kamel-Eddine Fekhar, ont observé une minute de silence à sa mémoire.
A. B.
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