Oran - A la une

"Rien n'égale une salle de cinéma"



img src="http://www.lexpressiondz.com/img/article_medium/photos/P170514-08.jpg" alt=""Rien n'égale une salle de cinéma"" /Certains sont venus, par curiosité, découvrir un cinéma qu'ils n'ont vu qu'à la télévision ou sur Internet.De nombreux cinéphiles oranais ont retrouvé, à l'occasion de la projection du film «La La Land» de Damien Chazelle à la salle Es-Saâda des sensations spéciales et uniques dont seules les salles obscures en ont le secret. La projection de ce film aux six Oscars est intervenue à l'occasion du lancement officiel à Oran du programme «Ciné-office 2017», initié par l'Office national de la culture et de l'information (Onci) et qui marque le retour des projections dans les quelques salles de cinéma encore disponibles dans la capitale de l'Ouest et dans d'autres villes du pays. Le public, assez nombreux, était composé de toutes les catégories d'âge et de profil: vieux retraités, jeunes étudiants ou encore fonctionnaires des deux sexes. Certains sont venus, par curiosité, découvrir un cinéma qu'ils n'ont vu qu'à la télévision ou sur Internet, d'autres espérant retrouver quelques sensations vécues dans les salles obscures du temps où l'activité cinématographiques battait son plein à Oran, ainsi que des souvenirs de jeunesse d'un temps révolu. Des professionnels du cinéma sont également venus redécouvrir les effets d'une projection sur grand écran dans une salle obscure. Mokhtaria et Halima, deux retraitées du secteur de la santé et cinéphiles invétérées, ont été parmi les premiers spectateurs à se rendre à la salle Es-Saâada. Elles étaient déjà devant la porte à 17 heures, alors que la projection ne devait commencer qu'à 18 heures. «Nous venons renouer avec le cinéma dans une vraie salle de cinéma. Je croyais que c'était fini à jamais. Je me suis souvenue du temps où on allait au cinéma au moins une fois par semaine et puis, d'un seul coup tout s'était arrêté», relate Mokhtaria, ajoutant: «On a beau regarder un film à la télévision ou sur Internet, rien n'égale une salle de cinéma, un grand écran et, surtout, l'ambiance très spéciale et feutrée qui y règne. J'espère que cela va durer». Halima, son amie, est du même avis. «Lorsqu'on m'a dit que la projection de films reprenait au Colisée et bientôt au Régent ça m'a rappelé les années 1960 et 1970 et un peu des années 1980. On était beaucoup plus jeunes et on allait au cinéma en famille, surtout pendant l'été. C'était de belles sorties. Et puis, d'un coup, tout cela s'est arrêté. Les cinémas ont baissé leurs rideaux, plus de films, plus de sorties de la sorte», raconte Halima. «On s'est rabattu sur la télé, mais ce n'était pas du tout la même chose», poursuit-elle, ajoutant: «aujourd'hui, avec la reprise, nous sommes entrées dans la salle obscure, nous avons vu le film qui était merveilleux, une belle comédie musicale, et nous nous sommes rendues compte de tout ce que nous avons perdu pendant des années». «Aujourd'hui, mon amie Mokhtaria et moi nous sommes à la retraite et nous comptons revenir autant que possible et nous ramènerons avec nous nos petits-enfants pour les initier au cinéma à travers le grand écran. Ils sauront tout de suite que c'est différent. Un film déjà vu à la télé ou sur DVD est différent au cinéma», a-t-elle encore ajouté. Adel, un jeune étudiant de 19 ans qui n'a jamais vu un film dans une salle de cinéma, mais sorti conquis, a déclaré de son côté: «J'en suis sorti bouche bée, incrédule. J'ai découvert quelque chose de nouveau que je ne soupçonnais même pas, c'est indescriptible, mais ce n'est pas la même chose qu'à la télé. Je reviendrai, c'est sûr, surtout pendant le mois de Ramadhan avec des amis». Pour sa part, Samira, 23 ans, adore le cinéma. Elle aussi n'a jamais mis les pieds dans une salle de cinéma pour voir un film, sauf une fois pour un spectacle de musique. Cette fois, elle a été «touchée par le virus et dès la première fois», dit-elle.
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