Oran - A la une

Rien de comparable pour l'Algérie



Rien de comparable pour l'Algérie
Le gouvernement se propose d'amender l'article 45 de la loi sur la monnaie et le crédit en recourant au financement non conventionnel ne mentionnant aucune limite dans cette modification, en espérant l'introduction d?une clause pour son plafonnement afin de rétablir la confiance et l'institutionnalisation dans cette loi du comité de surveillance composé d'experts indépendants comme je l'ai préconisé placé sous l'autorité en dehors de l'exécutif ne pouvant être juge et partie, pour éviter toute dérive inflationniste.La Banque du Japon (BoJ) a en doublé le montant mensuel des achats de bons du Trésor et en augmentant le montant de se achats d'actifs tout en définissant un objectif de progression annuelle de la base monétaire. Toujours selon les experts japonais, le taux de change dollar/yen demeure cependant jusqu'à présent défavorable au yen et que la politique de la Banque Centrale japonaise n'a pas jusqu'à présent obtenu le soutien des industriels japonais. Ils conditionnent la hausse des salaires à la réussite de la politique de lutte contre la déflation.
5.-Comparer le comparable
Concernant le financement non conventionnel, évitons la comparaison avec l'Europe, le Royaume Unis, le Japon (trois monnaies internationales convertibles et de grandes puissances économiques) et surtout les Etats-Unis d'Amérique, le dollar étant une monnaie internationale qui finance à la fois l'économie américaine mais également le reste du monde, avec un fort déficit budgétaire, depuis la décision de Nixon de décréter la non convertibilité du dollar vis-à-vis de l'or (1971).
Pour le cas du Japon c'est un pays qui a une grande épargne, la dettCe intérieure étant couverte par cette même épargne, les Japonais ayant préféré endetter leur Etat plutôt que d'augmenter les impôts expliquant la déflation. Pour le cas de la Turquie, pays émergent, ayant connu par le passé une dérive monétaire, cette dernière a été amortie car possédant d'importantes capacités productives. Comparons pour plus d'objectivé des cas similaires comme le Venezuela et le Nigeria pour ne pas commettre les mêmes erreurs.
Selon le Dr Paul Craig Roberts qui a été conseiller économique du président Reagan et du sous-secrétaire du Trésor de l'administration Reagan au début des années 1980 et qui est devenu l'un des pères fondateurs des Reaganomics en particulier par sa contribution à la réforme de la «Loi de l'impôt» de 1981 dans l'American Herald Tribune 21 septembre 2017 je le cite : «l' effet de l'impression de l'argent semble dépendre de ce qui est fait avec lui et de la façon dont il entre dans l'économie.
Les Etats-Unis, par exemple, ont imprimé une énorme somme d'argent au cours des 10 dernières années. Au lieu d'entrer dans l'économie de consommation et d'augmenter les prix, l'argent est entré dans des instruments financiers, ce qui augmente les prix des obligations et des stocks. Si un pays a des ressources, il peut créer de l'argent pour développer les ressources et ne pas compter sur des prêts étrangers. Si la monnaie du pays est négociée à l'échelle internationale, le pays risque de créer de l'argent, ce qui entraînerait des marchés spéculant contre la monnaie du pays et réduisant sa valeur d'échange.
Ce serait très coûteux si le pays dépend des importations. Aussi selon cet éminent économiste, il faut éviter de comparer l'utilisation du financement non conventionnel que propose d'utiliser l'Algérie avec celle des USA devant comparer le comparable ». En bref, je me félicite que ma proposition faite aux décideurs du pays depuis décembre 2014 et réitéré récemment début septembre 2017, d'une commission indépendante de suivi de l'action du gouvernement, notamment du plafond que doit consentir la banque d'Algérie au trésor par l'émission monétaire, composé d'experts indépendants sous la haute autorité de la présidence de la république et non du premier ministre ne pouvant pas être juge et partie ait été décidé par les pouvoirs publics.
Le Premier ministre a été certainement induit en erreur par ses conseillers pour avoir eu une positon si tranchée entre les relations inflation/taux de change ainsi que les comparaisons avec des pays (voir interview du Pr A.Mebtoul Tribune Fr-Paris 19/09/2017) dont la structure politique et socio-économique insérée dans l'économie mondiale, forte exportation, une monnaie convertible est totalement différente de celle de l'Algérie.
Le plus grand ignorant étant celui qui prétend tout savoir après consultation de nombreux experts internationaux et nationaux, la conclusion est la suivante : contrairement à certaines affirmations non fondées, ignorant le fonctionnellement du système monétaire international en mutation, il existe une corrélation indirecte, en cas de rigidités structurelles, et sans contreparties productives, pour le financement non conventionnel entre le taux d'inflation et la cotation d'une monnaie et ce combinée avec les effets d'autres variables et paramètres macro-économiques et macro-sociaux internes et d'effets externes.
L'Algérie souffre cruellement de prospectives en ce monde instable et turbulent avec de profondes mutations géostratégiques qui s'annoncent 2017/2030. Je souhaite que l'ensemble des projets inscrits dans le programme soit individualisés et que leur mode de financement (part dinars, devises) année par année soit clairement défini avec leurs impacts sur la trajectoire budgétaire, le taux de croissance et le taux de l'emploi.
6.-En résumé
Contrairement aux discours de sinistrose, devant attaquer le mal à l'essence et non aux apparences, l'Algérie n'est pas en faillite pas souffre d'une crise de gouvernance (1). La vérité est que toute Nation ne peut distribuer que de qu'elle a préalablement produite quitte à aller vers la dérive politique, sociale et économique. En cette période difficile de tensions budgétaires, personne n'ayant le monopole de la vérité et du nationalisme, l'Algérie doit mobiliser tous ses enfants sans exclusive, favoriser le dialogue productif, évitant les dissensions inutiles ou pouvoir, opposition et experts non organiques, doivent contribuer au redressement national dont une croissance négative ou faible, devant être supérieur au taux de croissance démographique, peut avoir des répercussions tant nationales, sociales, politiques que géostratégiques au niveau de la région existant un lien dialectique entre sécurité et développement.
Evitons de fonder une politique économique sur des modèles économétriques appliqués aux pays développés déconnectés des réalités nationales dont certains experts, qui avaient pronostiqué en 2014 le retour d?un cours du pétrole à plus de 80 dollars.
Devant l'ex : Premier ministre et les membres de son gouvernement dans ma conférence au Club de Pins le 26 novembre 2014, dans plusieurs interviews les médias publics et privés nationaux et médias internationaux (voir www.google.com Mebtoul 2014/2016) j'avais mis en garde le gouvernement de ne plus compter sur un baril supérieur à 80 dollars entre 2015/2020 et préconisé un comité de crise et des mesures opérationnelles de réformes. Induit en erreur par certains experts ou intellectuels organiques aux ordres, les responsables ne nous ont pas écoutés et nous en payons aujourd'hui en 2017 les conséquences de cette imprévision.
L'Algérie a un répit de seulement trois ans pour changer de cap et éviter de vives tensions sociales 2018/2020. Avec le niveau des réserves de change bien qu'en baisse, l'Algérie en ce mois de septembre 2017, ne connaît pas encore de crise financière mais une crise de gouvernance. Mais le risque sans correction de l'actuelle politique économique et notamment industrielle dont le résultat est mitigé, contrairement à certains discours démentis par le terrain, est d'aller droit vers le FMI horizon 2019/2020 ou cohabiteront crise financière et crise de gouvernance. Ce qu'aucun patriote ne souhaite.
(Suite et fin)
Dr Abderrahmane Mebtoul, professeur des universités, expert international
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)